[Sarnissa-french-aquaculture] Re : Sexage du tilapia
Points de vue sur le sexage et le cadre de réflexion proposé par Lazard Je suis d'avis de la pertinence de l'approche sexes et espèces mélangés pour une pisciculture extensive rurale qui a pour vocation la production pour une augmentation de la consommation par habitant et par an. Il me semble, avec tout ce que j'ai vécu et compris avec les experts sur le terrain, que pisciculture est plus réalisée pour des objectifs de démonstration de faisabilité d'un modèle d'aménagement ou de technique d'élevage (mono ou polyculture; fertilisation ou alimentation par des granulés). La production ou le rendement calculé reste souvent lié à des extrapolations pour justifier la faisabilité. Alors qu'est ce qu'on fait de la production par rapport à la consommation? pour une population qui mange tout ce quelle trouve comme protéine ou qui n'accède pas aux sources de protéines à cause de leur revenu et la rareté. Le sexage de l'Oreochromis n, la polyculture avec utilisation de l'Hémichrimis fasciatus et l'Hétérotis niloticus n'ont jamais empêché la présence des tilapia zillis dans les étangs et barrages; souvent à une taille égale ou supérieure à celle de l' O niloticus. Même si un suivi rigoureux est appliqué pour l'entrée d'eau (grillage) ou après utilisation préalable de la chaux vive. C'est pourquoi les pisciculteurs de la guinée dans un premier temps ont préféré l'option de la biomasse en polyculture; même si le sexage (manuel 15 à 20g) est appliqué, celui ci reste inefficace.La densité est fonction de la disponibilité en alevins mâles sexés;celle ci n'ayant pas d'effet à cause de l'entrée continue et l'existence des larves de poissons "indésirables" comme les appelle les techniciens. Cette réalité m'amène à approuver la proposition d'approche faite par J Lazard, je cite: Pour permettre le développement de l'aquaculture, il faut à mon avis se focaliser sur les aquaculteurs pour leur donner les outils et connaissances dont ils ont besoin pour adapter leur activité à la complexité du milieu dans lequel ils s'intègrent. Que ce soit au Brésil, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou aux Philippines, les gens cherchent d'ailleurs toujours à adapter le discours technique à leur propre situation, souvent au grand dam des encadreurs si les initiatives s'écartent du message officiel. Il faut donc permettre l'accès à la connaissance et encourager cette réflexion critique car il n'y a pas qu'une seule façon de produire du poisson. Une méthode pertinente dans un contexte ne l'est pas forcément dans un autre environnement. Prétendre le contraire, c'est faire de l'aquaculture, une religion et j'adhère une fois de plus à 10000% au dernier message de C. Ducarme sur les tilapias: il faut remettre en cause les dogmes. C'est cette capacité des aquaculteurs africains à devenir les acteurs de leur propre développement qui sera à mon avis le moteur qui permettra de "développer" l'aquaculture africaine, pourvu qu'il soit alimenté par un carburant qui ne le fasse pas caler. --- En date de : Dim 2.11.08, Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> a écrit :
De: Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> Objet: [Sarnissa-french-aquaculture] Sexage du tilapia À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Dimanche 2 Novembre 2008, 18h26 Le 2 nov. 08 à 15:23, sidiki keita a écrit :
Face a cette situation liée a une réalité dans les zones forestières du pays qui est l'absence de préférence sur l'espèce et la taille, les pisciculteurs ont adapte leur production à la circonstance en abandonnant les propositions techniques des experts et encadreurs de projets.
Aujourd'hui avec les tous venants (espèces d'élevage et celles introduites par le courant d eau: tilapia zilli) de 150 a 250 grammes en 7 mois, les pisciculteurs sont satisfaits et la consommation par habitant et par an s'améliore dans les zones rurales d'intervention des projets par rapport aux zones urbaines de consommation.
Sur le marche rural: la ménagère d'une famille moyenne modeste de 6 personnes veut acheter 1,5 kilo de poissons pour la ration journalière partagée pour le déjeuné et le dîner. Elle trouve 3 vendeuses; une avec des poissons de 1 kg, l'autre avec des 500g et la dernière avec des poissons 250g.Pour une question de partage dans les bols de sauce , la ménagère préférerai toujours acheter les 250g qui correspondent à 6 poissons.
Cher Sidiki,
Je trouve ces commentaires très intéressants, et ça m'amène à une réflexion suite à une discussion sur la liste tilapia il y a quelques mois. Certains prétendaient alors que le sexage était un dogme à remettre à cause car la production de tilapia non sexé était plus adaptée à un certain nombre de contextes africains (de mémoire, je dirais que c'étaient des gens du Ghana ou du Nigeria qui défendaient cette thèse). C'est une idée qui est peut-être pertinente en Guinée, non ? Qu'en penses-tu et qu'en pensent les autres personnes ? _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
Cher Sidiki, Vous soulevez beaucoup de questions très intéressantes dans votre message. Je vous donne mon point de vue sur trois d'entre elles. 1. extrapolations des résultats. Sujet crucial quand il s'agit de transférer les résultats d'une station de recherche à des producteurs et "pire" encore quand il s'agit de faire un compte d'exploitation prévisionnel d'une exploitation commerciale à partir de résultats obtenus dans quelques (petits) étangs expérimentaux. La liste des projets ayant confondu les niveaux 1)expérimental, 2)pilote, 3)commercial est longue et ces confusions ont toutes conduit à la "faillite" et ont fait beaucoup de mal à la pisciculture africaine. Quelques exemples: Ferme piscicole industrielle de Brazzaville, Ferme piscicole de Banfora, Projet BP d'élevage de tilapias en lagune en Côte d'Ivoire, Ferme de mâchoirons de Jacqueville (Côte d'Ivoire) sans parler des nombreux projet de développement de la pisciculture artisanale rurale, périurbaine etc..... et cela continue allègrement. Au risque d'être un peu caricatural, je dirais que la meilleure solution pour éviter ces impasses consiste à progresser sur le chemin de la mise au point des innovations piscicoles (pas seulement bio-techniques mais aussi organisationnelles etc) avec les utilisateurs finaux c'est à dire les pisciculteurs. Cela porte des noms divers tels que "recherche participative", "recherche-action en partenariat", etc mais leur esprit est le même. 2. Lutte contre la surpopulation en étang. La présence de nombreux poissons dans les canaux d'alimentation des piscicultures africaines (avec notamment T. zillii) implique que le monosexage (quelle qu'en soit la méthode) des Oreochromis d'élevage ne suffit pas. Pour l'avoir expérimenté à grande échelle, l'utilisation d'Hemichromis fasciatus et d'une grille de protection (à débarrasser très régulièrement des feuilles et autres débris sinon l'efficacité est nulle) marche bien car seuls des alevins peuvent entrer qui sont consommés par les Hemichromis. Sinon des pêches intermédiaires à la senne permettent d'éliminer les poissons indésirables. 3. Quantité versus Qualité. Avec le tilapia comme principal poisson d'élevage et compte tenu de ses caractéristiques en matière de reproduction, je ne pense pas qu'on puisse espérer des rendements élevés si l'on ne met pas en oeuvre les techniques appropriées. Partir d'un alevinage en étang d'un grand nombre d'alevins (non sexés) sans prédateur en comptant sur le double phénomène croissance + reproduction pour obtenir un rendement élevé est illusoire (notamment du fait d'un important taux de cannibalisme des juvéniles d'Oreochromis sur les alevins). Pour maximiser le rendement on peut par contre jouer sur la densité de mise en charge et la durée des cycles mais il exige une bonne maîtrise technique et une bonne programmation de la production. J'attends vos réactions! Bien amicalement, Jérôme Lazard sidiki keita a écrit :
Points de vue sur le sexage et le cadre de réflexion proposé par Lazard
Je suis d'avis de la pertinence de l'approche sexes et espèces mélangés pour une pisciculture extensive rurale qui a pour vocation la production pour une augmentation de la consommation par habitant et par an.
Il me semble, avec tout ce que j'ai vécu et compris avec les experts sur le terrain, que pisciculture est plus réalisée pour des objectifs de démonstration de faisabilité d'un modèle d'aménagement ou de technique d'élevage (mono ou polyculture; fertilisation ou alimentation par des granulés). La production ou le rendement calculé reste souvent lié à des extrapolations pour justifier la faisabilité.
Alors qu'est ce qu'on fait de la production par rapport à la consommation? pour une population qui mange tout ce quelle trouve comme protéine ou qui n'accède pas aux sources de protéines à cause de leur revenu et la rareté.
Le sexage de l'Oreochromis n, la polyculture avec utilisation de l'Hémichrimis fasciatus et l'Hétérotis niloticus n'ont jamais empêché la présence des tilapia zillis dans les étangs et barrages; souvent à une taille égale ou supérieure à celle de l' O niloticus. Même si un suivi rigoureux est appliqué pour l'entrée d'eau (grillage) ou après utilisation préalable de la chaux vive.
C'est pourquoi les pisciculteurs de la guinée dans un premier temps ont préféré l'option de la biomasse en polyculture; même si le sexage (manuel 15 à 20g) est appliqué, celui ci reste inefficace.La densité est fonction de la disponibilité en alevins mâles sexés;celle ci n'ayant pas d'effet à cause de l'entrée continue et l'existence des larves de poissons "indésirables" comme les appelle les techniciens.
Cette réalité m'amène à approuver la proposition d'approche faite par J Lazard, je cite:
Pour permettre le développement de l'aquaculture, il faut à mon avis se focaliser sur les aquaculteurs pour leur donner les outils et connaissances dont ils ont besoin pour adapter leur activité à la complexité du milieu dans lequel ils s'intègrent. Que ce soit au Brésil, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou aux Philippines, les gens cherchent d'ailleurs toujours à adapter le discours technique à leur propre situation, souvent au grand dam des encadreurs si les initiatives s'écartent du message officiel. Il faut donc permettre l'accès à la connaissance et encourager cette réflexion critique car il n'y a pas qu'une seule façon de produire du poisson. Une méthode pertinente dans un contexte ne l'est pas forcément dans un autre environnement. Prétendre le contraire, c'est faire de l'aquaculture, une religion et j'adhère une fois de plus à 10000% au dernier message de C. Ducarme sur les tilapias: il faut remettre en cause les dogmes.
C'est cette capacité des aquaculteurs africains à devenir les acteurs de leur propre développement qui sera à mon avis le moteur qui permettra de "développer" l'aquaculture africaine, pourvu qu'il soit alimenté par un carburant qui ne le fasse pas caler.
--- En date de : Dim 2.11.08, Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> a écrit :
De: Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> Objet: [Sarnissa-french-aquaculture] Sexage du tilapia À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Dimanche 2 Novembre 2008, 18h26 Le 2 nov. 08 à 15:23, sidiki keita a écrit :
Face a cette situation liée a une réalité dans les
zones
forestières du pays qui est l'absence de
préférence sur l'espèce et
la taille, les pisciculteurs ont adapte leur
production à la
circonstance en abandonnant les propositions
techniques des experts
et encadreurs de projets.
Aujourd'hui avec les tous venants (espèces
d'élevage et celles
introduites par le courant d eau: tilapia zilli) de
150 a 250
grammes en 7 mois, les pisciculteurs sont satisfaits
et la
consommation par habitant et par an s'améliore dans les zones rurales
d'intervention des projets
par rapport aux zones urbaines de consommation.
Sur le marche rural: la ménagère d'une famille
moyenne modeste de 6
personnes veut acheter 1,5 kilo de poissons pour la
ration
journalière partagée pour le déjeuné et le dîner.
Elle trouve 3
vendeuses; une avec des poissons de 1 kg, l'autre
avec des 500g et
la dernière avec des poissons 250g.Pour une question
de partage
dans les bols de sauce , la ménagère préférerai
toujours acheter
les 250g qui correspondent à 6 poissons.
Cher Sidiki,
Je trouve ces commentaires très intéressants, et ça m'amène à une réflexion suite à une discussion sur la liste tilapia il y a quelques mois. Certains prétendaient alors que le sexage était un dogme à remettre à cause car la production de tilapia non sexé était plus adaptée à un certain nombre de contextes africains (de mémoire, je dirais que c'étaient des gens du Ghana ou du Nigeria qui défendaient cette thèse). C'est une idée qui est peut-être pertinente en Guinée, non ? Qu'en penses-tu et qu'en pensent les autres personnes ? _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
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-- Dr. Jérôme Lazard Unité de Recherche "Aquaculture et gestion des ressources aquatiques" Département Persyst Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) TA B-20/01 Avenue Agropolis 34398 Montpellier cedex 5, France e.mail : jerome.lazard@cirad.fr tel : 33 (0)4 67 04 63 65 fax : 33 (0)4 67 16 64 40
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C'est effectif ce que vous dites au point 1. A cela il faut ajouter la participation ou l'implication des bailleurs de fonds. Souvent entretenu malheureusement par des experts nationaux et internationaux de certains bureaux d'Etudes et ong. Comme exemple ces projets que vous avez cité élaborés,financés et mis en oeuvre par le trio énemi du développement durable. Des projets BAD de pêche aquaculture continuent de bénéficier de ce système dans la plus part des pays du Sud. Qu'est ce que vous en dites? Pour les points 2 et 3; l'utilisation des Hémi et grillages sont intéressants pour "lutter! "contre la surpopulation; aussi des pêches intermédiaires. Mais dans une pisciculture rurale extensive en étang barrage sutout ouvert, comme c'est dévéloppé en Guinée, les Hémi et grille de protection restent sans effet. Mieux le paysan avec son étang barrage plein d'eau de 1.80 m au moine trouve inutile les pêches intermédiaires. Pour ma part le calcul de rendement d"un tel étang barrage n'est pas juste à cause de la non maîtrise de la densité réelle en rapport avec la surface et la durée.Même si le poids initial à l'empoissonement reste harmoniser. C'est pour cette raison, je dis bien, que les pisciculteurs se sont orientés vers la boimasse production composée d'espèces et de tailles différentes.Ceci n'exclu pas la technique d"empoissonement de qualité et la programmation de bonne production qui est aussi connue par les paysans. Une précision, les étangs de dérivation sont peu développés et réalisés en Guinée par les pisciculteurs. Ceci à cause de la pente faible des bas fonds, du positionement du sol dur à plus 50cm de la surface des bas fonds du relief abrupt des coteaux....( Ex: sites prospecté par L Dabbadie à Macenta et Guéckédou; sites des projets APDRAF, FAO et IRD en Guinée) Vos réactions sont les bien venues Amicalement Sidiki keita --- En date de : Mer 5.11.08, Jérome Lazard <lazard@cirad.fr> a écrit :
De: Jérome Lazard <lazard@cirad.fr> Objet: Re: [Sarnissa-french-aquaculture] Re : Sexage du tilapia À: sidikikeita@yahoo.fr, sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Mercredi 5 Novembre 2008, 13h38 Cher Sidiki,
Vous soulevez beaucoup de questions très intéressantes dans votre message. Je vous donne mon point de vue sur trois d'entre elles.
1. extrapolations des résultats. Sujet crucial quand il s'agit de transférer les résultats d'une station de recherche à des producteurs et "pire" encore quand il s'agit de faire un compte d'exploitation prévisionnel d'une exploitation commerciale à partir de résultats obtenus dans quelques (petits) étangs expérimentaux. La liste des projets ayant confondu les niveaux 1)expérimental, 2)pilote, 3)commercial est longue et ces confusions ont toutes conduit à la "faillite" et ont fait beaucoup de mal à la pisciculture africaine. Quelques exemples: Ferme piscicole industrielle de Brazzaville, Ferme piscicole de Banfora, Projet BP d'élevage de tilapias en lagune en Côte d'Ivoire, Ferme de mâchoirons de Jacqueville (Côte d'Ivoire) sans parler des nombreux projet de développement de la pisciculture artisanale rurale, périurbaine etc..... et cela continue allègrement. Au risque d'être un peu caricatural, je dirais que la meilleure solution pour éviter ces impasses consiste à progresser sur le chemin de la mise au point des innovations piscicoles (pas seulement bio-techniques mais aussi organisationnelles etc) avec les utilisateurs finaux c'est à dire les pisciculteurs. Cela porte des noms divers tels que "recherche participative", "recherche-action en partenariat", etc mais leur esprit est le même.
2. Lutte contre la surpopulation en étang. La présence de nombreux poissons dans les canaux d'alimentation des piscicultures africaines (avec notamment T. zillii) implique que le monosexage (quelle qu'en soit la méthode) des Oreochromis d'élevage ne suffit pas. Pour l'avoir expérimenté à grande échelle, l'utilisation d'Hemichromis fasciatus et d'une grille de protection (à débarrasser très régulièrement des feuilles et autres débris sinon l'efficacité est nulle) marche bien car seuls des alevins peuvent entrer qui sont consommés par les Hemichromis. Sinon des pêches intermédiaires à la senne permettent d'éliminer les poissons indésirables.
3. Quantité versus Qualité. Avec le tilapia comme principal poisson d'élevage et compte tenu de ses caractéristiques en matière de reproduction, je ne pense pas qu'on puisse espérer des rendements élevés si l'on ne met pas en oeuvre les techniques appropriées. Partir d'un alevinage en étang d'un grand nombre d'alevins (non sexés) sans prédateur en comptant sur le double phénomène croissance + reproduction pour obtenir un rendement élevé est illusoire (notamment du fait d'un important taux de cannibalisme des juvéniles d'Oreochromis sur les alevins). Pour maximiser le rendement on peut par contre jouer sur la densité de mise en charge et la durée des cycles mais il exige une bonne maîtrise technique et une bonne programmation de la production.
J'attends vos réactions!
Bien amicalement, Jérôme Lazard
sidiki keita a écrit :
Points de vue sur le sexage et le cadre de réflexion proposé par Lazard
Je suis d'avis de la pertinence de l'approche sexes et espèces mélangés pour une pisciculture extensive rurale qui a pour vocation la production pour une augmentation de la consommation par habitant et par an.
Il me semble, avec tout ce que j'ai vécu et compris avec les experts sur le terrain, que pisciculture est plus réalisée pour des objectifs de démonstration de faisabilité d'un modèle d'aménagement ou de technique d'élevage (mono ou polyculture; fertilisation ou alimentation par des granulés). La production ou le rendement calculé reste souvent lié à des extrapolations pour justifier la faisabilité.
Alors qu'est ce qu'on fait de la production par rapport à la consommation? pour une population qui mange tout ce quelle trouve comme protéine ou qui n'accède pas aux sources de protéines à cause de leur revenu et la rareté.
Le sexage de l'Oreochromis n, la polyculture avec utilisation de l'Hémichrimis fasciatus et l'Hétérotis niloticus n'ont jamais empêché la présence des tilapia zillis dans les étangs et barrages; souvent à une taille égale ou supérieure à celle de l' O niloticus. Même si un suivi rigoureux est appliqué pour l'entrée d'eau (grillage) ou après utilisation préalable de la chaux vive. C'est pourquoi les pisciculteurs de la guinée dans un premier temps ont préféré l'option de la biomasse en polyculture; même si le sexage (manuel 15 à 20g) est appliqué, celui ci reste inefficace.La densité est fonction de la disponibilité en alevins mâles sexés;celle ci n'ayant pas d'effet à cause de l'entrée continue et l'existence des larves de poissons "indésirables" comme les appelle les techniciens.
Cette réalité m'amène à approuver la proposition d'approche faite par J Lazard, je cite: Pour permettre le développement de l'aquaculture, il faut à mon avis se focaliser sur les aquaculteurs pour leur donner les outils et connaissances dont ils ont besoin pour adapter leur activité à la complexité du milieu dans lequel ils s'intègrent. Que ce soit au Brésil, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou aux Philippines, les gens cherchent d'ailleurs toujours à adapter le discours technique à leur propre situation, souvent au grand dam des encadreurs si les initiatives s'écartent du message officiel. Il faut donc permettre l'accès à la connaissance et encourager cette réflexion critique car il n'y a pas qu'une seule façon de produire du poisson. Une méthode pertinente dans un contexte ne l'est pas forcément dans un autre environnement. Prétendre le contraire, c'est faire de l'aquaculture, une religion et j'adhère une fois de plus à 10000% au dernier message de C. Ducarme sur les tilapias: il faut remettre en cause les dogmes.
C'est cette capacité des aquaculteurs africains à devenir les acteurs de leur propre développement qui sera à mon avis le moteur qui permettra de "développer" l'aquaculture africaine, pourvu qu'il soit alimenté par un carburant qui ne le fasse pas caler. --- En date de : Dim 2.11.08, Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> a écrit :
De: Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> Objet: [Sarnissa-french-aquaculture] Sexage du tilapia À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Dimanche 2 Novembre 2008, 18h26 Le 2 nov. 08 à 15:23, sidiki keita a écrit :
Face a cette situation liée a une réalité dans les
zones
forestières du pays qui est l'absence de
préférence sur l'espèce et
la taille, les pisciculteurs ont adapte leur
production à la
circonstance en abandonnant les propositions
techniques des experts
et encadreurs de projets.
Aujourd'hui avec les tous venants (espèces
d'élevage et celles
introduites par le courant d eau: tilapia zilli) de
150 a 250
grammes en 7 mois, les pisciculteurs sont satisfaits
et la
consommation par habitant et par an s'améliore dans les zones rurales
d'intervention des projets
par rapport aux zones urbaines de consommation.
Sur le marche rural: la ménagère d'une famille
moyenne modeste de 6
personnes veut acheter 1,5 kilo de poissons pour la
ration
journalière partagée pour le déjeuné et le dîner.
Elle trouve 3
vendeuses; une avec des poissons de 1 kg, l'autre
avec des 500g et
la dernière avec des poissons 250g.Pour une question
de partage
dans les bols de sauce , la ménagère préférerai
toujours acheter
les 250g qui correspondent à 6 poissons.
Cher Sidiki,
Je trouve ces commentaires très intéressants, et ça m'amène à une réflexion suite à une discussion sur la liste tilapia il y a quelques mois. Certains prétendaient alors que le sexage était un dogme à remettre à cause car la production de tilapia non sexé était plus adaptée à un certain nombre de contextes africains (de mémoire, je dirais que c'étaient des gens du Ghana ou du Nigeria qui défendaient cette thèse). C'est une idée qui est peut-être pertinente en Guinée, non ? Qu'en penses-tu et qu'en pensent les autres personnes ? _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk
http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
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-- Dr. Jérôme Lazard Unité de Recherche "Aquaculture et gestion des ressources aquatiques" Département Persyst Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) TA B-20/01 Avenue Agropolis 34398 Montpellier cedex 5, France e.mail : jerome.lazard@cirad.fr tel : 33 (0)4 67 04 63 65 fax : 33 (0)4 67 16 64 40
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Une légère remarque : Je lis avec grand intérêt les débats francophones et anglophones. Concernant les appuis des bailleurs de fonds, je suis daccord avec M. Keita mais jaimerais y apporter une contribution complémentaire. Ce sont aussi les mécanismes de financement, les temps d'approbation des appuis par le bailleurs et l'agence exécutrice qui sont à améliorer ainsi que les phases de conception de projet. Exemple que jai connu plusieurs fois depuis 4 ans en Afrique: les grands programmes mais jamais plus de 5/7 ans - qui mettent un an et demi voire deux ans à se mettre en place, les gestions centralisées, éloignées des pays, les décisions prises de manière centralisées par le bailleur et l'agence exécutrice, les secondes phases de projets ou de programmes qui s'avèrent pertinentes ne sont soit pas financées ou le sont un an voire deux ans après la fin des phase I (donc tout à recommencer !!!), les évaluations mi-parcours fournissent de bonnes propositions mais ne sont pas écoutées/prises en compte. Un autre problème : certains bénéficiaires voyant trop grand et qui se fâchent malheureusement et cest bien triste - avec les consultants locaux ou internationaux - parce quils proposent une production aquacole ou une exploitation de pêche plus réaliste/durable (e.g : les 100 000 tonnes de prévisions de production aquacole au Sénégal, doù vient-ce chiffre, comment a-t-il été calculé...) Randal Brummett l'avait bien souligné dans un papier transmis sur le réseau Sarnissa il y a peu. Des idées quil avait émises seraient à prendre en considération par les hauts gestionnaires. Des projets plus longs mais aussi des appuis sous forme de subvention à la base pour faire décoller les petits producteurs (cela se fait en Europe alors pourquoi pas en Afrique même si lOMC est réticente). Oui une approche participative mais oui aussi à une rapidité dans les prises de décision par lensemble des acteurs, oui à une rapidité dans la délivrance de financement et le démarrage des projets, oui à des projets réalistes soit commerciaux soit artisanaux, oui à un dialogue constructif avec lensemble des acteurs du développement. Mes excuses mais il est frustrant de voir les projets ne pas être utile en Afrique. Nous devons trouver des solutions ensemble... non des coupables comme pour la crise financière mondiale! Bien à vous tous, Vincent Defaux, Consultant et gestion de projets ' pêche/aquaculture' / Consultant/ Project management in Fisheries and Aquaculture E-mail: vincent_defaux@yahoo.fr Quartier JAK, Lot 86, Cotonou, BENIN Ph.: +229 21 04 83 77/ 21 33 92 35 Cel. : +229 95 45 22 10 Boite Postale/PO Box: 01 BP 1207 Cotonou recette principale, Bénin Skype name: 'sfpbecato' -----Message d'origine----- De : sarnissa-french-aquaculture-bounces@lists.stir.ac.uk [mailto:sarnissa-french-aquaculture-bounces@lists.stir.ac.uk] De la part de sidiki keita Envoyé : mercredi 5 novembre 2008 15:21 À : lazard@cirad.fr Cc : sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Objet : Re: [Sarnissa-french-aquaculture] Re : Sexage du tilapia C'est effectif ce que vous dites au point 1. A cela il faut ajouter la participation ou l'implication des bailleurs de fonds. Souvent entretenu malheureusement par des experts nationaux et internationaux de certains bureaux d'Etudes et ong. Comme exemple ces projets que vous avez cité élaborés,financés et mis en oeuvre par le trio énemi du développement durable. Des projets BAD de pêche aquaculture continuent de bénéficier de ce système dans la plus part des pays du Sud. Qu'est ce que vous en dites? Pour les points 2 et 3; l'utilisation des Hémi et grillages sont intéressants pour "lutter! "contre la surpopulation; aussi des pêches intermédiaires. Mais dans une pisciculture rurale extensive en étang barrage sutout ouvert, comme c'est dévéloppé en Guinée, les Hémi et grille de protection restent sans effet. Mieux le paysan avec son étang barrage plein d'eau de 1.80 m au moine trouve inutile les pêches intermédiaires. Pour ma part le calcul de rendement d"un tel étang barrage n'est pas juste à cause de la non maîtrise de la densité réelle en rapport avec la surface et la durée.Même si le poids initial à l'empoissonement reste harmoniser. C'est pour cette raison, je dis bien, que les pisciculteurs se sont orientés vers la boimasse production composée d'espèces et de tailles différentes.Ceci n'exclu pas la technique d"empoissonement de qualité et la programmation de bonne production qui est aussi connue par les paysans. Une précision, les étangs de dérivation sont peu développés et réalisés en Guinée par les pisciculteurs. Ceci à cause de la pente faible des bas fonds, du positionement du sol dur à plus 50cm de la surface des bas fonds du relief abrupt des coteaux....( Ex: sites prospecté par L Dabbadie à Macenta et Guéckédou; sites des projets APDRAF, FAO et IRD en Guinée) Vos réactions sont les bien venues Amicalement Sidiki keita --- En date de : Mer 5.11.08, Jérome Lazard <lazard@cirad.fr> a écrit :
De: Jérome Lazard <lazard@cirad.fr>
Objet: Re: [Sarnissa-french-aquaculture] Re : Sexage du tilapia
À: sidikikeita@yahoo.fr, sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk
Date: Mercredi 5 Novembre 2008, 13h38
Cher Sidiki,
Vous soulevez beaucoup de questions très intéressantes
dans votre message. Je vous donne mon point de vue sur trois
d'entre elles.
1. extrapolations des résultats. Sujet crucial quand il
s'agit de transférer les résultats d'une station
de recherche à des producteurs et "pire" encore
quand il s'agit de faire un compte d'exploitation
prévisionnel d'une exploitation commerciale à partir
de résultats obtenus dans quelques (petits) étangs
expérimentaux. La liste des projets ayant confondu les
niveaux 1)expérimental, 2)pilote, 3)commercial est longue
et ces confusions ont toutes conduit à la
"faillite" et ont fait beaucoup de mal à la
pisciculture africaine. Quelques exemples: Ferme piscicole
industrielle de Brazzaville, Ferme piscicole de Banfora,
Projet BP d'élevage de tilapias en lagune en Côte
d'Ivoire, Ferme de mâchoirons de Jacqueville (Côte
d'Ivoire) sans parler des nombreux projet de
développement de la pisciculture artisanale rurale,
périurbaine etc..... et cela continue allègrement. Au
risque d'être un peu caricatural, je dirais que la
meilleure solution pour éviter ces impasses consiste à
progresser sur le chemin de la mise au point des innovations
piscicoles (pas seulement bio-techniques mais aussi
organisationnelles etc) avec les utilisateurs finaux
c'est à dire les pisciculteurs. Cela porte des noms
divers tels que "recherche participative",
"recherche-action en partenariat", etc mais leur
esprit est le même.
2. Lutte contre la surpopulation en étang. La présence de
nombreux poissons dans les canaux d'alimentation des
piscicultures africaines (avec notamment T. zillii) implique
que le monosexage (quelle qu'en soit la méthode) des
Oreochromis d'élevage ne suffit pas. Pour l'avoir
expérimenté à grande échelle, l'utilisation
d'Hemichromis fasciatus et d'une grille de
protection (à débarrasser très régulièrement des
feuilles et autres débris sinon l'efficacité est
nulle) marche bien car seuls des alevins peuvent entrer qui
sont consommés par les Hemichromis. Sinon des pêches
intermédiaires à la senne permettent d'éliminer les
poissons indésirables.
3. Quantité versus Qualité. Avec le tilapia comme
principal poisson d'élevage et compte tenu de ses
caractéristiques en matière de reproduction, je ne pense
pas qu'on puisse espérer des rendements élevés si
l'on ne met pas en oeuvre les techniques appropriées.
Partir d'un alevinage en étang d'un grand nombre
d'alevins (non sexés) sans prédateur en comptant sur
le double phénomène croissance + reproduction pour obtenir
un rendement élevé est illusoire (notamment du fait
d'un important taux de cannibalisme des juvéniles
d'Oreochromis sur les alevins). Pour maximiser le
rendement on peut par contre jouer sur la densité de mise
en charge et la durée des cycles mais il exige une bonne
maîtrise technique et une bonne programmation de la
production.
J'attends vos réactions!
Bien amicalement,
Jérôme Lazard
sidiki keita a écrit :
Points de vue sur le sexage et le cadre de réflexion
proposé par Lazard
Je suis d'avis de la pertinence de l'approche
sexes et espèces mélangés pour une pisciculture extensive
rurale qui a pour vocation la production pour une
augmentation de la consommation par habitant et par an.
Il me semble, avec tout ce que j'ai vécu et
compris avec les experts sur le terrain, que pisciculture
est plus réalisée pour des objectifs de démonstration de
faisabilité d'un modèle d'aménagement ou de
technique d'élevage (mono ou polyculture; fertilisation
ou alimentation par des granulés). La production ou le
rendement calculé reste souvent lié à des extrapolations
pour justifier la faisabilité.
Alors qu'est ce qu'on fait de la production
par rapport à la consommation? pour une population qui
mange tout ce quelle trouve comme protéine ou qui
n'accède pas aux sources de protéines à cause de leur
revenu et la rareté.
Le sexage de l'Oreochromis n, la polyculture avec
utilisation de l'Hémichrimis fasciatus et
l'Hétérotis niloticus n'ont jamais empêché la
présence des tilapia zillis dans les étangs et barrages;
souvent à une taille égale ou supérieure à celle de
l' O niloticus. Même si un suivi rigoureux est
appliqué pour l'entrée d'eau (grillage) ou après
utilisation préalable de la chaux vive.
C'est pourquoi les pisciculteurs de la guinée
dans un premier temps ont préféré l'option de la
biomasse en polyculture; même si le sexage (manuel 15 à
20g) est appliqué, celui ci reste inefficace.La densité
est fonction de la disponibilité en alevins mâles
sexés;celle ci n'ayant pas d'effet à cause de
l'entrée continue et l'existence des larves de
poissons "indésirables" comme les appelle les
techniciens.
Cette réalité m'amène à approuver la
proposition d'approche faite par J Lazard, je cite:
Pour permettre le développement de l'aquaculture,
il faut à mon avis se focaliser sur les aquaculteurs pour
leur donner les outils et connaissances dont ils ont besoin
pour adapter leur activité à la complexité du milieu dans
lequel ils s'intègrent. Que ce soit au Brésil, en
Côte d'Ivoire, en Guinée ou aux Philippines, les gens
cherchent d'ailleurs toujours à adapter le discours
technique à leur propre situation, souvent au grand dam des
encadreurs si les initiatives s'écartent du message
officiel. Il faut donc permettre l'accès à la
connaissance et encourager cette réflexion critique car il
n'y a pas qu'une seule façon de produire du
poisson. Une méthode pertinente dans un contexte ne
l'est pas forcément dans un autre environnement.
Prétendre le contraire, c'est faire de
l'aquaculture, une religion et j'adhère une fois de
plus à 10000% au dernier message de C. Ducarme sur les
tilapias: il faut remettre en cause les dogmes.
C'est cette capacité des aquaculteurs africains
à devenir les acteurs de leur propre développement qui
sera à mon avis le moteur qui permettra de
"développer" l'aquaculture africaine, pourvu
qu'il soit alimenté par un carburant qui ne le fasse
pas caler.
--- En date de : Dim 2.11.08, Lionel Dabbadie
<sarnissa@gmail.com> a écrit :
De: Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com>
Objet: [Sarnissa-french-aquaculture] Sexage du
tilapia
À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk
Date: Dimanche 2 Novembre 2008, 18h26
Le 2 nov. 08 à 15:23, sidiki keita a écrit :
Face a cette situation liée a une réalité
dans les
zones
forestières du pays qui est l'absence de
préférence sur l'espèce et
la taille, les pisciculteurs ont adapte leur
production à la
circonstance en abandonnant les propositions
techniques des experts
et encadreurs de projets.
Aujourd'hui avec les tous venants
(espèces
d'élevage et celles
introduites par le courant d eau: tilapia
zilli) de
150 a 250
grammes en 7 mois, les pisciculteurs sont
satisfaits
et la
consommation par habitant et
par an s'améliore dans les zones rurales
d'intervention des projets
par rapport aux zones urbaines de
consommation.
Sur le marche rural: la ménagère d'une
famille
moyenne modeste de 6
personnes veut acheter 1,5 kilo de poissons
pour la
ration
journalière partagée pour le déjeuné et le
dîner.
Elle trouve 3
vendeuses; une avec des poissons de 1 kg,
l'autre
avec des 500g et
la dernière avec des poissons 250g.Pour une
question
de partage
dans les bols de sauce , la ménagère
préférerai
toujours acheter
les 250g qui correspondent à 6 poissons.
Cher Sidiki,
Je trouve ces commentaires très intéressants, et
ça
m'amène à une réflexion suite à une
discussion sur la liste tilapia il
y a quelques mois. Certains prétendaient alors
que le sexage était un
dogme à remettre à cause car la production de
tilapia non sexé
était plus adaptée à un certain nombre de
contextes africains (de
mémoire, je dirais que c'étaient des gens
du Ghana ou du Nigeria
qui défendaient cette thèse). C'est une
idée qui est peut-être
pertinente en Guinée, non ? Qu'en penses-tu
et qu'en pensent les autres
personnes ?
_______________________________________________
Sarnissa-french-aquaculture mailing list
Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk
http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
_______________________________________________
Sarnissa-french-aquaculture mailing list
Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk
http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
--
Dr. Jérôme Lazard
Unité de Recherche "Aquaculture et gestion des
ressources aquatiques"
Département Persyst
Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement (Cirad)
TA B-20/01
Avenue Agropolis
34398 Montpellier cedex 5, France
e.mail : jerome.lazard@cirad.fr
tel : 33 (0)4 67 04 63 65
fax : 33 (0)4 67 16 64 40
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_______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... URL: http://lists.stir.ac.uk/pipermail/sarnissa-french-aquaculture/attachments/20...
Cher Sidiki, Ce que j'en pense? c'est que je suis d'accord avec vous! mais le problème est que pour le moment ce trio est incontournable. Je détaille un peu. Je suis personnellement un chaud partisan du dicton "small is beautiful" lorsqu'il s'agit d'expérimenter ou de travailler à l'échelle pilote et j'ai eu la chance de pouvoir travailler en Afrique à cette échelle mais je crains que cela ne soit plus possible. Parce que les bailleurs de fonds (incontournables ...) veulent aller vite (en l'occurrence à force de vouloir aller vite, ils reculent) et poussent les "experts" (nationaux, internationaux etc.) à leur soumettre des projets de très grande dimension même si les techniques ne sont pas vérifiées en vraie grandeur et fiables et l'environnement (abiotique, biotique, anthropique) pas prêt à accueillir de telles innovations. Avec de tels grands projets, les bailleurs de fonds entendent également mieux amortir leurs propres charges fixes (par des économies d'échelle). Dans le genre, je citerai le projet BAD-Ouest Côte d'Ivoire avec un volet piscicole (élevage de silures) totalement démesuré. Les experts!!! c'est comme tout, il y en a de bons, d'excellents, d'honnêtes, de mal honnêtes, de compétents, d'incompétents et de toutes façons les agences internationales les "utilisent" couramment. En général leur CV est soumis aux autorités nationales qui doivent être vigilantes et prendre le temps nécessaire pour leur sélection en prenant soin d'analyser leur parcours. Je ne peux pas parler de l'implantation d'étangs en Guinée car je ne connais pas votre pays. Amicalement, Jérôme Lazard sidiki keita a écrit :
C'est effectif ce que vous dites au point 1. A cela il faut ajouter la participation ou l'implication des bailleurs de fonds. Souvent entretenu malheureusement par des experts nationaux et internationaux de certains bureaux d'Etudes et ong. Comme exemple ces projets que vous avez cité élaborés,financés et mis en oeuvre par le trio énemi du développement durable. Des projets BAD de pêche aquaculture continuent de bénéficier de ce système dans la plus part des pays du Sud.
Qu'est ce que vous en dites?
Pour les points 2 et 3; l'utilisation des Hémi et grillages sont intéressants pour "lutter! "contre la surpopulation; aussi des pêches intermédiaires. Mais dans une pisciculture rurale extensive en étang barrage sutout ouvert, comme c'est dévéloppé en Guinée, les Hémi et grille de protection restent sans effet. Mieux le paysan avec son étang barrage plein d'eau de 1.80 m au moine trouve inutile les pêches intermédiaires.
Pour ma part le calcul de rendement d"un tel étang barrage n'est pas juste à cause de la non maîtrise de la densité réelle en rapport avec la surface et la durée.Même si le poids initial à l'empoissonement reste harmoniser.
C'est pour cette raison, je dis bien, que les pisciculteurs se sont orientés vers la boimasse production composée d'espèces et de tailles différentes.Ceci n'exclu pas la technique d"empoissonement de qualité et la programmation de bonne production qui est aussi connue par les paysans.
Une précision, les étangs de dérivation sont peu développés et réalisés en Guinée par les pisciculteurs. Ceci à cause de la pente faible des bas fonds, du positionement du sol dur à plus 50cm de la surface des bas fonds du relief abrupt des coteaux....( Ex: sites prospecté par L Dabbadie à Macenta et Guéckédou; sites des projets APDRAF, FAO et IRD en Guinée)
Vos réactions sont les bien venues
Amicalement
Sidiki keita
--- En date de : Mer 5.11.08, Jérome Lazard <lazard@cirad.fr> a écrit :
De: Jérome Lazard <lazard@cirad.fr> Objet: Re: [Sarnissa-french-aquaculture] Re : Sexage du tilapia À: sidikikeita@yahoo.fr, sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Mercredi 5 Novembre 2008, 13h38 Cher Sidiki,
Vous soulevez beaucoup de questions très intéressantes dans votre message. Je vous donne mon point de vue sur trois d'entre elles.
1. extrapolations des résultats. Sujet crucial quand il s'agit de transférer les résultats d'une station de recherche à des producteurs et "pire" encore quand il s'agit de faire un compte d'exploitation prévisionnel d'une exploitation commerciale à partir de résultats obtenus dans quelques (petits) étangs expérimentaux. La liste des projets ayant confondu les niveaux 1)expérimental, 2)pilote, 3)commercial est longue et ces confusions ont toutes conduit à la "faillite" et ont fait beaucoup de mal à la pisciculture africaine. Quelques exemples: Ferme piscicole industrielle de Brazzaville, Ferme piscicole de Banfora, Projet BP d'élevage de tilapias en lagune en Côte d'Ivoire, Ferme de mâchoirons de Jacqueville (Côte d'Ivoire) sans parler des nombreux projet de développement de la pisciculture artisanale rurale, périurbaine etc..... et cela continue allègrement. Au risque d'être un peu caricatural, je dirais que la meilleure solution pour éviter ces impasses consiste à progresser sur le chemin de la mise au point des innovations piscicoles (pas seulement bio-techniques mais aussi organisationnelles etc) avec les utilisateurs finaux c'est à dire les pisciculteurs. Cela porte des noms divers tels que "recherche participative", "recherche-action en partenariat", etc mais leur esprit est le même.
2. Lutte contre la surpopulation en étang. La présence de nombreux poissons dans les canaux d'alimentation des piscicultures africaines (avec notamment T. zillii) implique que le monosexage (quelle qu'en soit la méthode) des Oreochromis d'élevage ne suffit pas. Pour l'avoir expérimenté à grande échelle, l'utilisation d'Hemichromis fasciatus et d'une grille de protection (à débarrasser très régulièrement des feuilles et autres débris sinon l'efficacité est nulle) marche bien car seuls des alevins peuvent entrer qui sont consommés par les Hemichromis. Sinon des pêches intermédiaires à la senne permettent d'éliminer les poissons indésirables.
3. Quantité versus Qualité. Avec le tilapia comme principal poisson d'élevage et compte tenu de ses caractéristiques en matière de reproduction, je ne pense pas qu'on puisse espérer des rendements élevés si l'on ne met pas en oeuvre les techniques appropriées. Partir d'un alevinage en étang d'un grand nombre d'alevins (non sexés) sans prédateur en comptant sur le double phénomène croissance + reproduction pour obtenir un rendement élevé est illusoire (notamment du fait d'un important taux de cannibalisme des juvéniles d'Oreochromis sur les alevins). Pour maximiser le rendement on peut par contre jouer sur la densité de mise en charge et la durée des cycles mais il exige une bonne maîtrise technique et une bonne programmation de la production.
J'attends vos réactions!
Bien amicalement, Jérôme Lazard
sidiki keita a écrit :
Points de vue sur le sexage et le cadre de réflexion
proposé par Lazard
Je suis d'avis de la pertinence de l'approche
sexes et espèces mélangés pour une pisciculture extensive rurale qui a pour vocation la production pour une augmentation de la consommation par habitant et par an.
Il me semble, avec tout ce que j'ai vécu et
compris avec les experts sur le terrain, que pisciculture est plus réalisée pour des objectifs de démonstration de faisabilité d'un modèle d'aménagement ou de technique d'élevage (mono ou polyculture; fertilisation ou alimentation par des granulés). La production ou le rendement calculé reste souvent lié à des extrapolations pour justifier la faisabilité.
Alors qu'est ce qu'on fait de la production
par rapport à la consommation? pour une population qui mange tout ce quelle trouve comme protéine ou qui n'accède pas aux sources de protéines à cause de leur revenu et la rareté.
Le sexage de l'Oreochromis n, la polyculture avec
utilisation de l'Hémichrimis fasciatus et l'Hétérotis niloticus n'ont jamais empêché la présence des tilapia zillis dans les étangs et barrages; souvent à une taille égale ou supérieure à celle de l' O niloticus. Même si un suivi rigoureux est appliqué pour l'entrée d'eau (grillage) ou après utilisation préalable de la chaux vive.
C'est pourquoi les pisciculteurs de la guinée
dans un premier temps ont préféré l'option de la biomasse en polyculture; même si le sexage (manuel 15 à 20g) est appliqué, celui ci reste inefficace.La densité est fonction de la disponibilité en alevins mâles sexés;celle ci n'ayant pas d'effet à cause de l'entrée continue et l'existence des larves de poissons "indésirables" comme les appelle les techniciens.
Cette réalité m'amène à approuver la
proposition d'approche faite par J Lazard, je cite:
Pour permettre le développement de l'aquaculture,
il faut à mon avis se focaliser sur les aquaculteurs pour leur donner les outils et connaissances dont ils ont besoin pour adapter leur activité à la complexité du milieu dans lequel ils s'intègrent. Que ce soit au Brésil, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou aux Philippines, les gens cherchent d'ailleurs toujours à adapter le discours technique à leur propre situation, souvent au grand dam des encadreurs si les initiatives s'écartent du message officiel. Il faut donc permettre l'accès à la connaissance et encourager cette réflexion critique car il n'y a pas qu'une seule façon de produire du poisson. Une méthode pertinente dans un contexte ne l'est pas forcément dans un autre environnement. Prétendre le contraire, c'est faire de l'aquaculture, une religion et j'adhère une fois de plus à 10000% au dernier message de C. Ducarme sur les tilapias: il faut remettre en cause les dogmes.
C'est cette capacité des aquaculteurs africains
à devenir les acteurs de leur propre développement qui sera à mon avis le moteur qui permettra de "développer" l'aquaculture africaine, pourvu qu'il soit alimenté par un carburant qui ne le fasse pas caler.
--- En date de : Dim 2.11.08, Lionel Dabbadie
<sarnissa@gmail.com> a écrit :
De: Lionel Dabbadie <sarnissa@gmail.com> Objet: [Sarnissa-french-aquaculture] Sexage du
tilapia
À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Dimanche 2 Novembre 2008, 18h26 Le 2 nov. 08 à 15:23, sidiki keita a écrit :
Face a cette situation liée a une réalité
dans les
zones
forestières du pays qui est l'absence de
préférence sur l'espèce et
la taille, les pisciculteurs ont adapte leur
production à la
circonstance en abandonnant les propositions
techniques des experts
et encadreurs de projets.
Aujourd'hui avec les tous venants
(espèces
d'élevage et celles
introduites par le courant d eau: tilapia
zilli) de
150 a 250
grammes en 7 mois, les pisciculteurs sont
satisfaits
et la
consommation par habitant et par an s'améliore dans les zones rurales
d'intervention des projets
par rapport aux zones urbaines de
consommation.
Sur le marche rural: la ménagère d'une
famille
moyenne modeste de 6
personnes veut acheter 1,5 kilo de poissons
pour la
ration
journalière partagée pour le déjeuné et le
dîner.
Elle trouve 3
vendeuses; une avec des poissons de 1 kg,
l'autre
avec des 500g et
la dernière avec des poissons 250g.Pour une
question
de partage
dans les bols de sauce , la ménagère
préférerai
toujours acheter
les 250g qui correspondent à 6 poissons.
Cher Sidiki,
Je trouve ces commentaires très intéressants, et
ça
m'amène à une réflexion suite à une
discussion sur la liste tilapia il
y a quelques mois. Certains prétendaient alors
que le sexage était un
dogme à remettre à cause car la production de
tilapia non sexé
était plus adaptée à un certain nombre de
contextes africains (de
mémoire, je dirais que c'étaient des gens
du Ghana ou du Nigeria
qui défendaient cette thèse). C'est une
idée qui est peut-être
pertinente en Guinée, non ? Qu'en penses-tu
et qu'en pensent les autres
personnes ? _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk
http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
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http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture
-- Dr. Jérôme Lazard Unité de Recherche "Aquaculture et gestion des ressources aquatiques" Département Persyst Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) TA B-20/01 Avenue Agropolis 34398 Montpellier cedex 5, France e.mail : jerome.lazard@cirad.fr tel : 33 (0)4 67 04 63 65 fax : 33 (0)4 67 16 64 40
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-- Dr. Jérôme Lazard Unité de Recherche "Aquaculture et gestion des ressources aquatiques" Département Persyst Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) TA B-20/01 Avenue Agropolis 34398 Montpellier cedex 5, France e.mail : jerome.lazard@cirad.fr tel : 33 (0)4 67 04 63 65 fax : 33 (0)4 67 16 64 40
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Bonjour, Le 5 nov. 08 à 15:21, sidiki keita a écrit :
Ex: sites prospecté par L Dabbadie à Macenta et Guéckédou
Comme Sidiki Keita fait gentiment référence au travail que j'ai accompli avec lui comme volontaire de l'ONG Vétérinaires Sans Frontières en Guinée (avec appui de l'APDRA), pour le compte du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU, je me permets de signaler que des photos sont disponibles sur : <http://aquatrop.cirad.fr/phototheque/afrique/guinee_1997> Il y a même des photos de Sidiki en pleine action ! Il convient toutefois de préciser le contexte très particulier de cette intervention. Suite aux guerres du Liberia et de Sierra Leone, des centaines de milliers de personnes étaient venues se réfugier en Guinée forestière, autour des villes de Macenta et Gueckedou. A mon époque, la région accueillait autant de réfugiés que de guinéens (de mémoire, 300000 réfugiés + 300000 guinéens). L'ONU est donc intervenue "en urgence" au travers du HCR et du PAM pour éviter que cet afflux de population n'évolue vers une catastrophe humanitaire, avec succès puisqu'au bout d'un certain nombre d'années, les réfugiés bénéficiaient, dans leurs camps, "de conditions d'existence aussi bonnes, voire meilleures que les populations locales" (je mets ceci entre guillemets, car je m'exprime uniquement sur des aspects alimentation, accès aux soins etc... il est évident que ma phrase peut apparaître choquante, étant donné que ces gens ont été victimes et témoins d'actes de violence indicibles: viols, massacre de proches etc.). Donc, pour éviter des tensions locales, mais aussi pour "occuper" des gens qui sont dans une détresse psychologique immense (problèmes d'alcoolisme etc.), le HCR finançait des actions dites "de post- urgence" dont le but était à la fois d'occuper les gens, d'éviter de les enfermer dans une attitude de pure dépendance à l'assistance humanitaire (qui aurait pu les inciter à ne pas rentrer dans leur pays une fois la paix revenue), de servir d'unité de démonstration et de centre de formation, et de favoriser des relations harmonieuses entre réfugiés et populations locales. Il va sans dire que d'un point de vue stratégie et condition d'intervention, nous nous positionnions donc à des années-lumière d'un projet de développement. Si nous n'avions pas à nous soucier d'une quelconque pérennité de nos fermes, nous avions par contre des contraintes immédiates lourdes comme faire intervenir des dizaines de personnes (parfois plus de cent sur un même site) pour construire et gérer une même unité de démonstration (avec quotas réfugiés/ population locale), intervenir sur des sites imposés pas franchement adaptés à l'aquaculture (je me rappelle de la construction d'un canal de contournement vers Gueckedou que nous avions surnommé "le canal de Suez" par dérision), mais en même temps, essayer d'avoir une approche suffisamment pédagogique (y compris par une démonstration par l'absurde de ce qu'il ne faut pas faire), pour qu'une fois de retour dans leur pays, les gens soient capables de mettre en oeuvre de manière critique le "message", plutôt que de simplement appliquer des directives techniques de manière passive, qui n'auraient pas nécessairement adaptées à leur contexte (nous n'avions aucune garantie qu'ils puissent bénéficier d'une quelconque assistance technique une fois de retour dans leur pays en reconstruction). A tout points de vue, j'ai été profondément marqué par cette expérience humaine, mais sur le plan professionnel, je crois que c'est là que j'ai compris qu'il ne fallait pas chercher à montrer un exemple ou à imposer un message technique, mais au contraire, essayer de faire en sorte que les gens auxquels on s'adresse soient capables d'acquérir suffisamment de recul et d'autonomie pour de pas avoir besoin de vous dans la conduite de leurs actions. Ainsi, nous devons nous positionner beaucoup plus en amont, en réfléchissant à ce qu'il convient de faire pour garantir aux agriculteurs cette autonomie. Je sais bien que ça n'est pas toujours aussi simple en pratique et qu'il faut souvent faire des compromis éloignés de la théorie (et je pensais d'ailleurs que mes précédentes interventions généreraient des discussions sur ce thème), mais ça reste à mes yeux un guide intellectuel incontournable. Je serais curieux de savoir ce que sont devenus ces sites, même si je ne me fais guère d'illusion. Par contre, j'espère vraiment que certains réfugiés ont pu ramener chez eux une partie du message que nous avons essayé de leur transmettre. Bien amicalement -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... URL: http://lists.stir.ac.uk/pipermail/sarnissa-french-aquaculture/attachments/20...
Bonjour tous, Lionel m'amène à faire une déclaration sur une des réalités de terrain dans mon pays. La description que tu as faite est juste; les photos envoyées ne font que me reconforter dans ma vision de développement d'une pisciculture rurale durable adaptée à mon pays sur la base des réalités et expériences terrain. Ces photos expriment mieux la description que j'ai faite du type du sol, relief et bas fond qui justificie le modèle d'aménagement et la technique d'élevage. Merci une fois de plus Pour la suite des travaux que tu as réalisé dans ces localités, je te rassure que ces actions ont été l'outil de la réussite piscicole encours dans mon pays.L'étang réalisé a été le premier en 1997 a reçevoir les trois espèces retenues pour la polyculture: le T n, l'Hémi et l'Hétérotis. Après le départ des refugiés, les pisciculteurs guinéens membres du groupe ont appuyé les demandes des villages voisins, pour la prospection le suivi des travaux et l'empoissonnement.Félicitation pour ton approche de transfère de compétence et de savoir faire. D'ailleurs je suis un des produits de l'approche. La production en extensif sur les sites varie entre 1.8 et 2.5 tonnes par ha et par an. Aujoud'hui 10 ans après, et en plus des expériences d'autres projets appuyés par des opérateurs comme: APDRA-F, FAO, IRD, "BAD"..., je peux avouer que le pragmatisme a eu dessus sur l'dogmatisme; en mettant les pisciculteurs dans leur vraie position de meneurs de développement d'une pisciculture qui se veux durable. Des experts avec lesquels j'ai travaillé sur le terrain ne me diront pas le contraire comme: Jhon Mool (FAO), Marc OSWALD, Christophe FRANCOIS, G DELINCE (APDRA-F), Saurin HEM (IRD), J.Z Otémé (BAD), H MASUDA, M MOURAI (JICA) et enfin toi même L DABBADIE. Salutation à tous Sidiki KEITA, Directeur Régional de la Pêche et aquaculture continentale, Guinée forestière --- En date de : Jeu 6.11.08, Lionel Dabbadie <lionel.dabbadie@cirad.fr> a écrit :
De: Lionel Dabbadie <lionel.dabbadie@cirad.fr> Objet: [Sarnissa-french-aquaculture] [Guinée] Post-Urgence UN-HCR/ VSF+APDRA À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Jeudi 6 Novembre 2008, 12h08 Bonjour,
Le 5 nov. 08 à 15:21, sidiki keita a écrit :
Ex: sites prospecté par L Dabbadie à Macenta et Guéckédou
Comme Sidiki Keita fait gentiment référence au travail que j'ai accompli avec lui comme volontaire de l'ONG Vétérinaires Sans Frontières en Guinée (avec appui de l'APDRA), pour le compte du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU, je me permets de signaler que des photos sont disponibles sur :
<http://aquatrop.cirad.fr/phototheque/afrique/guinee_1997>
Il y a même des photos de Sidiki en pleine action !
Il convient toutefois de préciser le contexte très particulier de cette intervention. Suite aux guerres du Liberia et de Sierra Leone, des centaines de milliers de personnes étaient venues se réfugier en Guinée forestière, autour des villes de Macenta et Gueckedou. A mon époque, la région accueillait autant de réfugiés que de guinéens (de mémoire, 300000 réfugiés + 300000 guinéens). L'ONU est donc intervenue "en urgence" au travers du HCR et du PAM pour éviter que cet afflux de population n'évolue vers une catastrophe humanitaire, avec succès puisqu'au bout d'un certain nombre d'années, les réfugiés bénéficiaient, dans leurs camps, "de conditions d'existence aussi bonnes, voire meilleures que les populations locales" (je mets ceci entre guillemets, car je m'exprime uniquement sur des aspects alimentation, accès aux soins etc... il est évident que ma phrase peut apparaître choquante, étant donné que ces gens ont été victimes et témoins d'actes de violence indicibles: viols, massacre de proches etc.).
Donc, pour éviter des tensions locales, mais aussi pour "occuper" des gens qui sont dans une détresse psychologique immense (problèmes d'alcoolisme etc.), le HCR finançait des actions dites "de post- urgence" dont le but était à la fois d'occuper les gens, d'éviter de les enfermer dans une attitude de pure dépendance à l'assistance humanitaire (qui aurait pu les inciter à ne pas rentrer dans leur pays une fois la paix revenue), de servir d'unité de démonstration et de centre de formation, et de favoriser des relations harmonieuses entre réfugiés et populations locales.
Il va sans dire que d'un point de vue stratégie et condition d'intervention, nous nous positionnions donc à des années-lumière d'un projet de développement. Si nous n'avions pas à nous soucier d'une quelconque pérennité de nos fermes, nous avions par contre des contraintes immédiates lourdes comme faire intervenir des dizaines de personnes (parfois plus de cent sur un même site) pour construire et gérer une même unité de démonstration (avec quotas réfugiés/ population locale), intervenir sur des sites imposés pas franchement adaptés à l'aquaculture (je me rappelle de la construction d'un canal de contournement vers Gueckedou que nous avions surnommé "le canal de Suez" par dérision), mais en même temps, essayer d'avoir une approche suffisamment pédagogique (y compris par une démonstration par l'absurde de ce qu'il ne faut pas faire), pour qu'une fois de retour dans leur pays, les gens soient capables de mettre en oeuvre de manière critique le "message", plutôt que de simplement appliquer des directives techniques de manière passive, qui n'auraient pas nécessairement adaptées à leur contexte (nous n'avions aucune garantie qu'ils puissent bénéficier d'une quelconque assistance technique une fois de retour dans leur pays en reconstruction).
A tout points de vue, j'ai été profondément marqué par cette expérience humaine, mais sur le plan professionnel, je crois que c'est là que j'ai compris qu'il ne fallait pas chercher à montrer un exemple ou à imposer un message technique, mais au contraire, essayer de faire en sorte que les gens auxquels on s'adresse soient capables d'acquérir suffisamment de recul et d'autonomie pour de pas avoir besoin de vous dans la conduite de leurs actions. Ainsi, nous devons nous positionner beaucoup plus en amont, en réfléchissant à ce qu'il convient de faire pour garantir aux agriculteurs cette autonomie. Je sais bien que ça n'est pas toujours aussi simple en pratique et qu'il faut souvent faire des compromis éloignés de la théorie (et je pensais d'ailleurs que mes précédentes interventions généreraient des discussions sur ce thème), mais ça reste à mes yeux un guide intellectuel incontournable.
Je serais curieux de savoir ce que sont devenus ces sites, même si je ne me fais guère d'illusion. Par contre, j'espère vraiment que certains réfugiés ont pu ramener chez eux une partie du message que nous avons essayé de leur transmettre.
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