[Sarnissa-french-aquaculture] [Traduction] Réponse M. Dickson à R. Brummett et B. van der Waal
Hello Randy / Ben / et autres Sarnissiens, J'ai eu la possibilité de comparer directement les performances d'O. niloticus et des trois espèces indigènes O. macrochir, T. rendalli et O. andersonii (et O. aureus) en Zambie, à l'époque où l'on considérait encore que ça ne posait pas problème de faire ce genre de choses. Les essais ont été réalisés sur une durée de 3-4 ans dans un systèmes de bacs intensifs en eau claire, en utilisant des aliments granulés fabriqués par nos soins. Nous avons également évalué le taux de reproduction des poissons en comptabilisant le nombre de fingerlings récoltés dans le système. Les résultats ont été que le niloticus (de Stirling) arrivait largement en tête du point de vue de la croissance et de la bonne production d'alevins. L'andersonii (de Chilanga) arrivait probablement deuxième, avec une croissance acceptable mais une production d'alevin faible. L'aureus n'est entré dans le test que pour nous permettre de produire des hybrides mâles -de fait, les hybrides grossissaient vraiment bien mais le taux de production d'alevins était si faible qu'il eut été impossible de réaliser une telle opération de manière commerciale. Le macrochir et le rendalli grossissaient tous les deux de manière satisfaisante jusqu'à 70g, puis stoppaient ensuite leur croissance. Dans notre esprit, il n'y avait aucun doute que le niloticus était le meilleur poisson et que sans lui, la ferme n'aurait jamais pu atteindre sa capacité de production maximale. Au passage, si certains d'entre-vous sont intéressés par les données, je peux vous les communiquer. Nous savons tous ce qui s'est passé entre-temps -le niloticus s'est échappé probablement de la ferme de Nakambala Estate mais aussi de celle de Wilhem Lublinkof plus proche de Lusaka et s'est répandu dans toute la moyenne Kafue. C'est une bonne chose du point de vue de la pêche, mais objectivement, c'est une mauvaise chose du point de vue de la biodiversité. Ou bien ? Nous supposons tous que le niloticus s'est hybridé avec des souches locales dans la Kafue, alors qu'il se pourrait qu'il les aies juste déplacées. Autant que je m'en souvienne, les captures de tilapia dans la Kafue ont toujours été assez limitées. Nous avions ainsi essayé de capturer des géniteurs d'andersonii dans la rivière, mais avons échoué. Alors que maintenant, il y a une pêcherie productive de niloticus -un poisson pourtant bien adapté pour éviter d'être capturé par les filets des pêcheurs. Ce que je veux dire, c'est que nous avons ici une vrai expérience en grandeur réelle, et qu'il faut que quelqu'un se charge de faire de la science avant de sauter de manière hâtive sur telle ou telle conclusion. Qu'est-ce qui se passe avec les populations de niloticus du Kafue? Est-ce qu'il y a des hybrides avec andersonii et macrochir ? Est-ce qu'il reste des andersonii et des macrochir ? Je suis d'accord qu'il nous faut être très prudents avec de nouvelles introductions, particulièrement pour de nouvelles espèces, mais aussi pour de nouvelles souches d'espèces. Le principal enseignement zambien, c'est qu'une fois que le poisson a été introduit, il s'échappera. Mais il n'y a pas de logique à vouloir surprotéger des zones qui n'en valent pas la peine -la seule chose que l'on fait dans ce cas, c'est d'empêcher une possibilité de développement économique. Donc les premières choses à faire consistent à identifier clairement les zones qui doivent être protégées en urgence -en priorité, celles dont les stocks de poisson n'ont pas encore été confrontés aux introductions, et ensuite, peut-être, les zones où les espèces introduites n'ont pas encore réussi à s'implanter à des niveaux de population significatifs. Mettez des grilles sur ces zones - n'encouragez pas le développement de l'aquaculture -même à petite échelle parce que forcément, un jour, les fermiers voudront introduire un "meilleur poisson". Concentrez plutôt tous les efforts pour permettre aux populations de poissons sauvages de se reconstituer grâce à des approches communautaires -sanctuaires piscicoles, saisons de pêches, etc. Ben - Il me semble que Caprivi pourrait être une de ces zones ? Par contre, dans les zones où des introductions "réussies" ont eu lieu, comme dans la moyenne Kafue, il n'est plus possible de demander au Génie de rentrer dans sa bouteille. S'agissant de la biodiversité, il n'y pas vraiment de différence à élever la souche de niloticus de Stirling, la souche GIFT ou je-ne-sais-quoi, c'est une espèce implantée, non-indigène qu'il est impossible d'éradiquer même si on le voulait. Il faut aider les fermiers dans ces zones, car c'est eux qui répondent à la demande sans cesse croissante des marchés locaux. Je n'en croyais pas mes yeux quand j'ai vu des filets de tilapia de Thailande dans les supermarchés de Lusaka et que j'ai entendu que le prix du poisson entier était maintenant de l'ordre de $4/kg ! Mon point de vue n'est peut-être pas le plus populaire, mais je crois que nous devons avoir une approche pragmatique car sinon, nous courrons le risque de retourner très loin dans le passé sans aucun bénéfique réel. Cordialement Malcolm Dickson. Début du message réexpédié :
De : Malcolm Dickson <malcolm.dickson@mac.com> Date : 10 novembre 2008 19:12:06 HNEC À : "Brummett, Randall (WorldFish)" <r.brummett@CGIAR.ORG> Cc : sarnissa-african-aquaculture@lists.stir.ac.uk Objet : Rép : [Sarnissa-african-aquaculture] niloticus threatens tilapia in Africa
Hi Randy / Ben / Other Sarnissans,
I have had the advantage of being able to directly compare the performance of O. niloticus against the three indigenous species, O. macrochir, T. rendalli and O. andersonii (and O. aureus) in Zambia in the days when it was considered OK to do these things. The trials were carried out over a 3-4 year period in a clean-water intensive tank system using pelleted fish feeds made on site. We also assessed the reproduction rate of the fish by recording the number of fingerlings that came through the system.
The results were that niloticus (from Stirling) was way out in front - good growth and good fry production. Andersonii (from Chilanga) was probably second with acceptable growth but low fry production. Aureus was only brought in so that we could produce all-male hybrids - the hybrids grew really well but the fry production rate was so low that it was impossible to operate commercially. Both macrochir and rendalli grew OK until they were about 70g then stopped growing. There was no question in our minds that niloticus was the best fish and without it the farm would never have been able to reach its full production potential. By the way, if anyone would like the figures I can provide them.
We all know what has happened since then - niloticus probably from the farm at Nakambala Estate but also from Wilhelm Lublinkof's farm closer to Lusaka has spread through-out the middle Kafue. Good from the point of view of the fishery but obviously bad from the point of view of genetic diversity. Or is it? We all assume that niloticus in the Kafue has hybridised with the local species whereas it may be that it has just displaced them. As I remember it, tilapia catches in the Kafue were pretty sparse anyway - we tried and failed to catch broodstock andersonii from the river. But now there's a productive fishery for niloticus - a fish well adapted to avoiding being caught in fishermen's nets.
What I am saying is that we have a real life experiment here and someone needs to do the science before we jump to conclusions. What is happening with niloticus populations in the Kafue? Are there hybrids with andersonii and macrochir? Are there any andersonii and macrochir left?
I agree that we should be very cautious about new introductions, particularly of new species, but also new strains of species. The main lesson from Zambia is that once the new fish has been introduced it will escape. But there is no point in trying to over- protect areas that are not worth protecting - all that you are doing is hindering the possibility of economic development.
So the first step needs to be to clearly identify which areas need urgent protection - firstly those with fish stocks that have not been messed about with through introductions and perhaps secondly, areas where introduced species have not been able to establish significant populations. Ring fence those areas - don't encourage aquaculture development there - even small-scale aquaculture - because farmers will inevitably want to introduce 'a better fish'. Concentrate instead on encouraging recovery of wild fish populations through community based approaches - no catch zones, closed seasons, etc.
Ben - I guess Caprivi might be one of those areas?
In areas where there have been 'successful' introductions, such as the middle Kafue, there is no way to get the Genie back into the bottle. As far as biodiversity goes it does not really matter whether you are farming Stirling strain niloticus, GIFT niloticus or whatever, it is a naturalised, non-indigenous species which it would be impossible to eradicate even if you wanted to. Full support should be given to farmers in areas such as these to satisfy the ever increasing demands of the local market. I couldn't believe it when I saw packs of tilapia fillets from Thailand in supermarkets in Lusaka and I hear that whole fish prices are now around $4/kg!
Maybe not a popular viewpoint but I think we need to take a pragmatic approach or we risk going two steps backwards for no real gain.
Best regards,
Malcolm Dickson. -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... URL: http://lists.stir.ac.uk/pipermail/sarnissa-french-aquaculture/attachments/20...
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Lionel Dabbadie