[Sarnissa-french-aquaculture] Une contribution sur les systèmes concurrentiels et intégrés.
En réponse aux contributions de Pierre Morissens et Gabriel Koffi «Débat riche ! Je vois qu'il y a un consensus sur le fait que les stratégies développées par les paysans pour leur survie et pour l'amélioration de leur exploitation agricole sont subtiles, difficiles à comprendre et somme toute optimisent de nombreux facteurs qui ne sont pas toujours d'emblée perceptibles à un regard extérieur d'où qu'il vienne. S'il est théoriquement possible de valider a posteriori si un paysan s'est enrichi en faisant de la pisciculture par rapport à un autre qui aurait fait un autre choix, il est beaucoup plus complexe d'analyser le risque que prend a priori un exploitant pour réaliser un aménagement piscicole, le coût que représente son investissement (en terme de mobilisation de ressources de son exploitation et de coût d'opportunité). Sur un plan socio-économique ceci n'est pas encore suffisant : la validation sociale de connaissances et de savoir-faire qui seraient en mesure de permettre l'élaboration d'une dimension sociale autour de la pisciculture reste une condition de sa pérennité tout comme le fait que la communauté valide le développement de la pisciculture en protégeant les intérêts de ces derniers (foncier, vol, etc ..), voici également d'autres facteurs en mesure de confirmer ou d'infirmer un développement potentiel de la pisciculture. Il y en a encore d'autres, bien sûr. On est donc bien d'accord sur le fait que c'est difficile de savoir si les paysans ont intérêt à faire la pisciculture et ce sont les premiers à détenir les clés de cette réponse, il est donc nécessaire de s'inscrire dans des approches qui promeuvent une compréhension fine et dynamique de leur fonctionnement. Ces approches sont aussi en mesure de révéler la diversité de leur environnement et montrent qu'il n'y a pas un modèle unique : un référentiel donné sera plus ou moins bien adapté à un contexte, il faut aussi noter que certaines zones n'ont pas forcément les conditions pour développer une pisciculture dans l'état actuel de nos connaissances et compte tenu de toutes les difficultés évoquées. La question de l'intégration est intéressante, d'une façon théorique elle vise à rechercher une économie dans les facteurs puisqu'ils ont de multiples valorisations. Il est donc a priori pertinent de rechercher une intégration de l'activité piscicole dans le reste de l'exploitation à un niveau donné qui est à déterminer. Mais cette recherche ne doit pas se faire en oubliant que celui qui connaît où est son intérêt reste toujours le paysan et des intégrations apparemment pertinentes peuvent se révéler médiocres ou moins performantes que d'autres. Si en général une intégration a des chances d'alléger certains coûts, cela n'interdit pas de se mettre dans une démarche pragmatique et donc participative de compréhension des paysans et de voir ce qu'ils valident au final et le type d'intégration qu'ils recherchent. Pour conclure je pense que Pierre Morissens et Gabriel Koffi expriment un souci voisin que je partage aussi. Un système aquacole concurrentiel trouve donc une validation au niveau systémique (d'ailleurs pour être sûr qu'un système est concurrentiel dans l'esprit de notre discussion il faut se positionner au niveau du système de production ou système d'activité mené par l'exploitant) et, vice-versa, le développement d'une pisciculture systémique est forcément quelque part concurrentiel si on arrive à représenter les alternatives qui pèsent effectivement sur les paysans au niveau considéré et en respectant la cohérence du système de production. Reste à mettre au point davantage de systèmes concurrentiels pour les paysans ou de trouver des niveaux de systèmes où la pisciculture revêtira pour eux un intérêt tel qu'il justifiera son développement (là où c'est possible bien-sûr). Marc OSWALD Resp.du département sciences du vivant ISTOM 32 bd. du port 95094 CERGY-PONTOISE cedex m.oswald@istom.net dir. : 01 30 75 62 04 APDRA-F - Président Association Pisciculture et Développement Rural. 23 allée E.Zola 91300 Massy www.apdra-f.org 01 69 20 38 49 -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... URL: http://lists.stir.ac.uk/pipermail/sarnissa-french-aquaculture/attachments/20...
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