Suggestion d un sujet de partage et d investigation
Chers tous, A la suite des études sur les aspects hydrobiologiques et piscicoles des retenues d’eau en zone soudano-sahéliennes(1) je poursuis des efforts de rédaction de ‘mes mémoires’. Je voudrais alors inviter chercheurs et experts aux partages d’expériences sur un sujet, le cas échéant, sinon à s’y pencher au besoin. Il s’agit de la forme des plans d’eau en tant que facteurs pouvant fournir des informations intéressantes sur la productivité biologique en général et halieutique en particulier. En effet, pour moi il s’agit d’une approche qui est inexplicablement moins utilisée qu’elle aurait due. Klapper et al. (1994)(2) ont rapporté et nommé l’indice de forme U = P/2√(πA) où P est la circonférence du plan d’eau et A sa surface. Cet indice agrège donc la surface et la longueur des bordures du plan d’eau. Notamment, U = 1 pour une forme parfaitement circulaire, et U = 1,128 pour un carré. Concrètement, U est faible chez les plans d’eau aux formes ramassées tandis que U est faible pour les plans d’eau aux formes ramifiées. Logiquement, et ce qui rend la chose plus intéressante, U pourrait se retrouver inferieur à 1 pour des pêcheries côtières. Evidemment U ne peut être statique. A partir d’exploitations empiriques de cartes à petites échelles nous avons trouvé des U allant de 4 à 9 pour 12 plans d’eau du Burkina. Il faut dire que ce pays présente un réseau hydrographique particulièrement ‘arborescent’ qui prédit des lacs de barrage artificiel à formes ramifiées (U élevé). L’indice U pourrait également être déterminé globalement pour l’ensemble des plans d’eau d’un pays. Dans ce cas, dans la formule, P est la somme des périmètres des plans d’eau et A la somme des surfaces. On constatera ici qu’en plus des formes individuelles des plans d’eau, leur fractionnement (nombre) élève le U global. Nous n’avons pas encore pu savoir le cumul des littoraux (P) pour calculer le U global du Burkina qui compte plusieurs centaines de plans d’eau pour une superficie cumulée de 200.000 ha selon plusieurs documents de l’administration des pêches. Mais c’est certain qu’il serait moins élevé si cette même étendue se répartissait en quelques unités de plans d’eau. En quoi cet indice U serait-il pertinent pour intéresser chercheurs et experts ? En termes simples, si toutes autres choses, notamment la superficie d’eau restaient égales par ailleurs, un plan d’eau de U plus élevé aurait entre autres: · une productivité piscicole plus élevée du fait de la plus grande importance « des portes d’apports » en nutriments, de zone de reproduction, de frayères et de refuges, de lisières terre-eau etc. · par contre, ce plan d’eau « vieilliraient » et « mourrait » plus rapidement physiquement (disparition par comblement) et bien avant halieutiquement (disparition d’espèces halieutiques en faveur de l’émergence de plantes envahissantes, de batraciens et de reptiles présentant un moindre intérêt halieutique). Au-delà de ces corrélations à priori évidentes avec des variables écologiques, les hypothèses suivantes de sciences sociales sont également pertinentes à vérifier: · ceux qui ont fait le terrain attesteront la plus grande difficulté dans le cas des plans d’eau la dont forme est ramifiée, à parvenir à la mise en œuvre des activités de suivi-contrôle-surveillance ou à celle des idéaux plans d’aménagement ou de gestion (participatifs ou non). Dans un environnement de riverains caractérisé par la pauvreté sévère, la gestion de la pression anthropique n’y est-elle pas un plus grand défi ? · et avec un U global certainement élevé comme celui du Burkina, l’existence ou l’émergence (spontanées) d’une communauté de pêcheurs comme on constate dans les vastes pêcheries artisanales africaines seraient elles si évidentes ? Alors grand merci de me communiquer des experiences sur le sujet et courage d'y approfondir les investigations pour contribuer au developpement de sciences halieutiques plus operationnelles pour les peches continentales. Cordialement, BOUDA (1) http://www.bookfinder.com/dir/i/Aspects_Hydrobiologiques_Et_Piscicoles_Des_R... (2) Le contrôle de l’eutrophisation des lacs et réservoirs Sous la direction de Sven-Olof RYDING et Walter RAST. 1994, 294 pages. -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... URL: <http://lists.stir.ac.uk/pipermail/sarnissa-french-aquaculture/attachments/20110121/1064168f/attachment.htm>
Merci de plutot lire que U est eleve pour des plans d eau aux formes ramifiees. --- En date de : Ven 21.1.11, Sana BOUDA <sanabouda@yahoo.fr> a écrit : De: Sana BOUDA <sanabouda@yahoo.fr> Objet: [Sarnissa] Suggestion d un sujet de partage et d investigation À: Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Vendredi 21 janvier 2011, 18h52 Chers tous, A la suite des études sur les aspects hydrobiologiques et piscicoles des retenues d’eau en zone soudano-sahéliennes(1) je poursuis des efforts de rédaction de ‘mes mémoires’. Je voudrais alors inviter chercheurs et experts aux partages d’expériences sur un sujet, le cas échéant, sinon à s’y pencher au besoin. Il s’agit de la forme des plans d’eau en tant que facteurs pouvant fournir des informations intéressantes sur la productivité biologique en général et halieutique en particulier. En effet, pour moi il s’agit d’une approche qui est inexplicablement moins utilisée qu’elle aurait due. Klapper et al. (1994)(2) ont rapporté et nommé l’indice de forme U = P/2√(πA) où P est la circonférence du plan d’eau et A sa surface. Cet indice agrège donc la surface et la longueur des bordures du plan d’eau. Notamment, U = 1 pour une forme parfaitement circulaire, et U = 1,128 pour un carré. Concrètement, U est faible chez les plans d’eau aux formes ramassées tandis que U est faible pour les plans d’eau aux formes ramifiées. Logiquement, et ce qui rend la chose plus intéressante, U pourrait se retrouver inferieur à 1 pour des pêcheries côtières. Evidemment U ne peut être statique. A partir d’exploitations empiriques de cartes à petites échelles nous avons trouvé des U allant de 4 à 9 pour 12 plans d’eau du Burkina. Il faut dire que ce pays présente un réseau hydrographique particulièrement ‘arborescent’ qui prédit des lacs de barrage artificiel à formes ramifiées (U élevé). L’indice U pourrait également être déterminé globalement pour l’ensemble des plans d’eau d’un pays. Dans ce cas, dans la formule, P est la somme des périmètres des plans d’eau et A la somme des surfaces. On constatera ici qu’en plus des formes individuelles des plans d’eau, leur fractionnement (nombre) élève le U global. Nous n’avons pas encore pu savoir le cumul des littoraux (P) pour calculer le U global du Burkina qui compte plusieurs centaines de plans d’eau pour une superficie cumulée de 200.000 ha selon plusieurs documents de l’administration des pêches. Mais c’est certain qu’il serait moins élevé si cette même étendue se répartissait en quelques unités de plans d’eau. En quoi cet indice U serait-il pertinent pour intéresser chercheurs et experts ? En termes simples, si toutes autres choses, notamment la superficie d’eau restaient égales par ailleurs, un plan d’eau de U plus élevé aurait entre autres: · une productivité piscicole plus élevée du fait de la plus grande importance « des portes d’apports » en nutriments, de zone de reproduction, de frayères et de refuges, de lisières terre-eau etc. · par contre, ce plan d’eau « vieilliraient » et « mourrait » plus rapidement physiquement (disparition par comblement) et bien avant halieutiquement (disparition d’espèces halieutiques en faveur de l’émergence de plantes envahissantes, de batraciens et de reptiles présentant un moindre intérêt halieutique). Au-delà de ces corrélations à priori évidentes avec des variables écologiques, les hypothèses suivantes de sciences sociales sont également pertinentes à vérifier: · ceux qui ont fait le terrain attesteront la plus grande difficulté dans le cas des plans d’eau la dont forme est ramifiée, à parvenir à la mise en œuvre des activités de suivi-contrôle-surveillance ou à celle des idéaux plans d’aménagement ou de gestion (participatifs ou non). Dans un environnement de riverains caractérisé par la pauvreté sévère, la gestion de la pression anthropique n’y est-elle pas un plus grand défi ? · et avec un U global certainement élevé comme celui du Burkina, l’existence ou l’émergence (spontanées) d’une communauté de pêcheurs comme on constate dans les vastes pêcheries artisanales africaines seraient elles si évidentes ? Alors grand merci de me communiquer des experiences sur le sujet et courage d'y approfondir les investigations pour contribuer au developpement de sciences halieutiques plus operationnelles pour les peches continentales. Cordialement, BOUDA (1) http://www.bookfinder.com/dir/i/Aspects_Hydrobiologiques_Et_Piscicoles_Des_R... (2) Le contrôle de l’eutrophisation des lacs et réservoirs Sous la direction de Sven-Olof RYDING et Walter RAST. 1994, 294 pages. -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... URL: <http://lists.stir.ac.uk/pipermail/sarnissa-french-aquaculture/attachments/20110121/1064168f/attachment.htm> _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... 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Bonjour, Vieille problématique toujours d'actualité! .... et d'un grand intérêt. Petit retour vers les fondamentaux établis par les (géniaux) pionniers que je résume ci-dessous. 1) Les premiers à avoir établi un modèle empirique simple pour évaluer le rendement en poisson des lacs sont Henderson et Welcomme (1974). Il s'agit de l'indice morpho-édaphique qui est l'un des modèles empiriques les plus simples et les plus couramment utilisés pour évaluer le rendement en poisson. On le calcule en divisant la quantité totale de matière dissoute (TDS) ou la conductivité par la profondeur moyenne (z). En Afrique, on utilise plus fréquemment la conductivité (mais celle-ci est difficile à évaluer avec précision avant endiguement dans le cas de lacs de barrage). A partir des données de 17 lacs africains, la relation entre rendement et IME s'établit ainsi: Y = 14,3136 IME 0,4681 (rendement exprimé en kg ha-1 an-1) Ce modèle a ensuite été modifié par Toews et Griffith (1979) qui ont introduit la superficie du lac (Ao en km2): log Y = 1,4071 + 0,3697 log IME - 0,00004565 Ao Les deux modèles convergent pour montrer que les réservoirs sont plus productifs (que les lacs naturels). 2) De leur côté, Young et Heimbuch (1982) ont établi (à partir de 17 plans d'eau, les mêmes que ceux de Henderson et Welcomme) un modèle à partir de données morphométriques simples et faciles à obtenir: Loge Y = 3,57 + 0,76 Loge Ao Y: rendement total (en tonnes). 3) Un autre modèle met en œuvre des données morphométriques relativement plus détaillées. Les deux concepts à la base de ce modèle sont que les réservoirs dendritiques sont plus productifs que les réservoirs non dendritiques et que les réservoirs peu profonds sont plus productifs que les réservoirs profonds. Pour déterminer dans quelle mesure un lac est dendritique, on calcule le rapport entre la longueur du pourtour (Lo) et la circonférence d'un cercle ayant la même superficie (Ao) que le lac, soit DL. La mise en relation du rendement en poisson et DL pour 7 réservoirs africains a montré une bonne corrélation pour les 5 plus grands avec le modèle suivant: Y = 19,996 + 32,038 (DL/z) (rendement exprimé en kg ha-1 an-1) Cordialement, Jérôme Lazard Le 21/01/2011 18:52, Sana BOUDA a écrit : Chers tous,
A la suite des études sur les aspects hydrobiologiques et piscicoles des retenues d’eau en zone soudano-sahéliennes(1) je poursuis des efforts de rédaction de ‘mes mémoires’. Je voudrais alors inviter chercheurs et experts aux partages d’expériences sur un sujet, le cas échéant, sinon à s’y pencher au besoin. Il s’agit de la forme des plans d’eau en tant que facteurs pouvant fournir des informations intéressantes sur la productivité biologique en général et halieutique en particulier. En effet, pour moi il s’agit d’une approche qui est inexplicablement moins utilisée qu’elle aurait due. Klapper et al. (1994)(2) ont rapporté et nommé l’indice de forme U = P/2√(πA) où P est la circonférence du plan d’eau et A sa surface. Cet indice agrège donc la surface et la longueur des bordures du plan d’eau. Notamment, U = 1 pour une forme parfaitement circulaire, et U = 1,128 pour un carré. Concrètement, U est faible chez les plans d’eau aux formes ramassées tandis que U est faible pour les plans d’eau aux formes ramifiées. Logiquement, et ce qui rend la chose plus intéressante, U pourrait se retrouver inferieur à 1 pour des pêcheries côtières. Evidemment U ne peut être statique. A partir d’exploitations empiriques de cartes à petites échelles nous avons trouvé des U allant de 4 à 9 pour 12 plans d’eau du Burkina. Il faut dire que ce pays présente un réseau hydrographique particulièrement ‘arborescent’ qui prédit des lacs de barrage artificiel à formes ramifiées (U élevé). L’indice U pourrait également être déterminé globalement pour l’ensemble des plans d’eau d’un pays. Dans ce cas, dans la formule, P est la somme des périmètres des plans d’eau et A la somme des surfaces. On constatera ici qu’en plus des formes individuelles des plans d’eau, leur fractionnement (nombre) élève le U global. Nous n’avons pas encore pu savoir le cumul des littoraux (P) pour calculer le U global du Burkina qui compte plusieurs centaines de plans d’eau pour une superficie cumulée de 200.000 ha selon plusieurs documents de l’administration des pêches. Mais c’est certain qu’il serait moins élevé si cette même étendue se répartissait en quelques unités de plans d’eau. En quoi cet indice U serait-il pertinent pour intéresser chercheurs et experts ? En termes simples, si toutes autres choses, notamment la superficie d’eau restaient égales par ailleurs, un plan d’eau de U plus élevé aurait entre autres: · une productivité piscicole plus élevée du fait de la plus grande importance « des portes d’apports » en nutriments, de zone de reproduction, de frayères et de refuges, de lisières terre-eau etc. · par contre, ce plan d’eau « vieilliraient » et « mourrait » plus rapidement physiquement (disparition par comblement) et bien avant halieutiquement (disparition d’espèces halieutiques en faveur de l’émergence de plantes envahissantes, de batraciens et de reptiles présentant un moindre intérêt halieutique). Au-delà de ces corrélations à priori évidentes avec des variables écologiques, les hypothèses suivantes de sciences sociales sont également pertinentes à vérifier: · ceux qui ont fait le terrain attesteront la plus grande difficulté dans le cas des plans d’eau la dont forme est ramifiée, à parvenir à la mise en œuvre des activités de suivi-contrôle-surveillance ou à celle des idéaux plans d’aménagement ou de gestion (participatifs ou non). Dans un environnement de riverains caractérisé par la pauvreté sévère, la gestion de la pression anthropique n’y est-elle pas un plus grand défi ? · et avec un U global certainement élevé comme celui du Burkina, l’existence ou l’émergence (spontanées) d’une communauté de pêcheurs comme on constate dans les vastes pêcheries artisanales africaines seraient elles si évidentes ? Alors grand merci de me communiquer des experiences sur le sujet et courage d'y approfondir les investigations pour contribuer au developpement de sciences halieutiques plus operationnelles pour les peches continentales. Cordialement, BOUDA (1) http://www.bookfinder.com/dir/i/Aspects_Hydrobiologiques_Et_Piscicoles_Des_R... (2) Le contrôle de l’eutrophisation des lacs et réservoirs Sous la direction de Sven-Olof RYDING et Walter RAST. 1994, 294 pages.
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Grand merci Jérôme pour votre disponibilite a repondre aux sollicitations et a tant a travers SARNISSA malgre vos charges. La mise au point presente m'est très éclairante et m'oriente beaucoup mieux dans mes investigations personnelles. Je retiens surtout que Klapper et al. avaient simplement autrement nommé U … DL qui mesure la « dentriticité » du plan d’eau et que le modèle est assez vieux. J’apprécie surtout le fait que vous relevez l’actualité de l’intérêt qui peuvent être encore accordés a ces modèles empiriques. Je ne sais pas si je me trompe mais ces modèles ont été surtout développé a partir de grands lacs naturels. Mon souhait serait d’abord de les voir « valider » par la recherche pour les multitudes de plus petits plans d’eau qui sont de plus en plus artificiellement créés (et a créer ?). Le Burkina en compte des centaines qui font l’essentiel de ses sources halieutiques. La variété des formes morphométriques (dentriticite/ramification) de ces plans d’eau se remarque a simple observation de cartes hydrographiques du pays. De plus, comme je l’ai évoqué, j’ai été significativement éprouvé dans mes taches professionnelles, par plus difficultés a assurer des simples activités de contrôle sur des plans d’eau avec dentriticite/ramification plus élevé. C’est donc au-delà de l’intérêt lié aux facteurs écologiques que ce paramètre morphométrique m’exciterait. Je souhaiterais vous demander une lecture prochaine de mes 'reflexions ecrites' lorsque j'y aurais atteint un certain niveau. Merci encore pour votre disponibilite. --- En date de : Sam 22.1.11, Jérôme Lazard <jerome.lazard@cirad.fr> a écrit : De: Jérôme Lazard <jerome.lazard@cirad.fr> Objet: Re: [Sarnissa] Suggestion d un sujet de partage et d investigation À: sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk Date: Samedi 22 janvier 2011, 18h55 Bonjour, Vieille problématique toujours d'actualité! .... et d'un grand intérêt. Petit retour vers les fondamentaux établis par les (géniaux) pionniers que je résume ci-dessous. 1) Les premiers à avoir établi un modèle empirique simple pour évaluer le rendement en poisson des lacs sont Henderson et Welcomme (1974). Il s'agit de l'indice morpho-édaphique qui est l'un des modèles empiriques les plus simples et les plus couramment utilisés pour évaluer le rendement en poisson. On le calcule en divisant la quantité totale de matière dissoute (TDS) ou la conductivité par la profondeur moyenne (z). En Afrique, on utilise plus fréquemment la conductivité (mais celle-ci est difficile à évaluer avec précision avant endiguement dans le cas de lacs de barrage). A partir des données de 17 lacs africains, la relation entre rendement et IME s'établit ainsi: Y = 14,3136 IME 0,4681 (rendement exprimé en kg ha-1 an-1) Ce modèle a ensuite été modifié par Toews et Griffith (1979) qui ont introduit la superficie du lac (Ao en km2): log Y = 1,4071 + 0,3697 log IME - 0,00004565 Ao Les deux modèles convergent pour montrer que les réservoirs sont plus productifs (que les lacs naturels). 2) De leur côté, Young et Heimbuch (1982) ont établi (à partir de 17 plans d'eau, les mêmes que ceux de Henderson et Welcomme) un modèle à partir de données morphométriques simples et faciles à obtenir: Loge Y = 3,57 + 0,76 Loge Ao Y: rendement total (en tonnes). 3) Un autre modèle met en œuvre des données morphométriques relativement plus détaillées. Les deux concepts à la base de ce modèle sont que les réservoirs dendritiques sont plus productifs que les réservoirs non dendritiques et que les réservoirs peu profonds sont plus productifs que les réservoirs profonds. Pour déterminer dans quelle mesure un lac est dendritique, on calcule le rapport entre la longueur du pourtour (Lo) et la circonférence d'un cercle ayant la même superficie (Ao) que le lac, soit DL. La mise en relation du rendement en poisson et DL pour 7 réservoirs africains a montré une bonne corrélation pour les 5 plus grands avec le modèle suivant: Y = 19,996 + 32,038 (DL/z) (rendement exprimé en kg ha-1 an-1) Cordialement, Jérôme Lazard Le 21/01/2011 18:52, Sana BOUDA a écrit : Chers tous,
A la suite des études sur les aspects hydrobiologiques et piscicoles des retenues d’eau en zone soudano-sahéliennes(1) je poursuis des efforts de rédaction de ‘mes mémoires’. Je voudrais alors inviter chercheurs et experts aux partages d’expériences sur un sujet, le cas échéant, sinon à s’y pencher au besoin. Il s’agit de la forme des plans d’eau en tant que facteurs pouvant fournir des informations intéressantes sur la productivité biologique en général et halieutique en particulier. En effet, pour moi il s’agit d’une approche qui est inexplicablement moins utilisée qu’elle aurait due. Klapper et al. (1994)(2) ont rapporté et nommé l’indice de forme U = P/2√(πA) où P est la circonférence du plan d’eau et A sa surface. Cet indice agrège donc la surface et la longueur des bordures du plan d’eau. Notamment, U = 1 pour une forme parfaitement circulaire, et U = 1,128 pour un carré. Concrètement, U est faible chez les plans d’eau aux formes ramassées tandis que U est faible pour les plans d’eau aux formes ramifiées. Logiquement, et ce qui rend la chose plus intéressante, U pourrait se retrouver inferieur à 1 pour des pêcheries côtières. Evidemment U ne peut être statique. A partir d’exploitations empiriques de cartes à petites échelles nous avons trouvé des U allant de 4 à 9 pour 12 plans d’eau du Burkina. Il faut dire que ce pays présente un réseau hydrographique particulièrement ‘arborescent’ qui prédit des lacs de barrage artificiel à formes ramifiées (U élevé). L’indice U pourrait également être déterminé globalement pour l’ensemble des plans d’eau d’un pays. Dans ce cas, dans la formule, P est la somme des périmètres des plans d’eau et A la somme des surfaces. On constatera ici qu’en plus des formes individuelles des plans d’eau, leur fractionnement (nombre) élève le U global. Nous n’avons pas encore pu savoir le cumul des littoraux (P) pour calculer le U global du Burkina qui compte plusieurs centaines de plans d’eau pour une superficie cumulée de 200.000 ha selon plusieurs documents de l’administration des pêches. Mais c’est certain qu’il serait moins élevé si cette même étendue se répartissait en quelques unités de plans d’eau. En quoi cet indice U serait-il pertinent pour intéresser chercheurs et experts ? En termes simples, si toutes autres choses, notamment la superficie d’eau restaient égales par ailleurs, un plan d’eau de U plus élevé aurait entre autres: · une productivité piscicole plus élevée du fait de la plus grande importance « des portes d’apports » en nutriments, de zone de reproduction, de frayères et de refuges, de lisières terre-eau etc. · par contre, ce plan d’eau « vieilliraient » et « mourrait » plus rapidement physiquement (disparition par comblement) et bien avant halieutiquement (disparition d’espèces halieutiques en faveur de l’émergence de plantes envahissantes, de batraciens et de reptiles présentant un moindre intérêt halieutique). Au-delà de ces corrélations à priori évidentes avec des variables écologiques, les hypothèses suivantes de sciences sociales sont également pertinentes à vérifier: · ceux qui ont fait le terrain attesteront la plus grande difficulté dans le cas des plans d’eau la dont forme est ramifiée, à parvenir à la mise en œuvre des activités de suivi-contrôle-surveillance ou à celle des idéaux plans d’aménagement ou de gestion (participatifs ou non). Dans un environnement de riverains caractérisé par la pauvreté sévère, la gestion de la pression anthropique n’y est-elle pas un plus grand défi ? · et avec un U global certainement élevé comme celui du Burkina, l’existence ou l’émergence (spontanées) d’une communauté de pêcheurs comme on constate dans les vastes pêcheries artisanales africaines seraient elles si évidentes ? Alors grand merci de me communiquer des experiences sur le sujet et courage d'y approfondir les investigations pour contribuer au developpement de sciences halieutiques plus operationnelles pour les peches continentales. Cordialement, BOUDA (1) http://www.bookfinder.com/dir/i/Aspects_Hydrobiologiques_Et_Piscicoles_Des_R... (2) Le contrôle de l’eutrophisation des lacs et réservoirs Sous la direction de Sven-Olof RYDING et Walter RAST. 1994, 294 pages.
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Bonjour, J'apprends que SARNISSA pourrait arriver à son terme très bientôt. Personnellement je pense que ce forum a été particulièrement utile et qu'il serait important de le prolonger. L'aquaculture en Afrique Sub saharienne est en développement. Cela a mis pas mal de temps pour démarrer. Aujourd'hui il est plus qu'utile de disposer d'un outil qui permette à moindre cout d'établir des échanges entre les différentes parties : scientifiques, secteur privé formel et informel, les Etats et leurs administrations. Ceci jusqu'à ce que des relais se soient mis en place dans les régions concernées. Dans mon cas j'ai pu réorienter des demandes techniques (pour le secteur privé) et des recherches de CV (pour les projets), vers Sarnissa. J'ai également pu préciser certains projets (bailleurs) grâce aux contenus des échanges des membres et limiter les erreurs d'approches. J'ai également pu me maintenir informé des différents évènements en relation avec l'aquaculture en ACP. J'encouragerais donc les membres de SARNISSA qui le pense aussi à exprimer ici leur intérêt pour que ce projet continue. Quoi qu'il en soit merci à vous pour tous ces échanges et informations. Erik Rotsaert
participants (3)
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Erik Rotsaert -
Jérôme Lazard -
Sana BOUDA