Global Aquaculture Conference à Phuket
Bonjour à tous, Voici quelques notes sur la conférence mondiale sur l'aquaculture qui se tient actuellement à Phuket. A noter que SARNISSA a été très abondamment cité, notamment comme exemple de circulation de l'information grâce aux nouvelles technologies. L'occasion pour moi de vous rappeler que nous sommes aussi sur Internet (http://www.sarnissa.org), Twitter (http://twitter.com/sarnissa) et facebook (http://www.facebook.com/pages/Sarnissa-Sustainable-Aquaculture-Research-Netw...) Jiansan Jia (FAO) a rappelé que la première conférence sur l'aquaculture s'est tenue en 1966 à Rome sur le Thème "Pisciculture d'étang en eau chaude". Elle a été suivie en 1976 par la Conférence de Kyoto qui a adopté la "Déclaration de Kyoto", qui mettait l'accent sur la nécessité d'augmenter la productivité de l'aquaculture. Elle a été remarquablement suivie, au point que l'on a rapidement dépassé les limites que la nature était capable de supporter, avec l'apparition de pollutions, de maladies etc. En réponse, la FAO a adopté en 1995 son code de bonne conduite. Ensuite, en 2000, la conférence mondiale sur l'aquaculture a adopté la "Déclaration de Bankok" qui propose un cadre stratégique global pour le développement durable de l'aquaculture. En 2006, un sous-comité Aquaculture a créé au sein du Comité des Pêches et 10 ans après la conférence de Bangkok, la conférence de Phuket qui se tient actuellement a vocation à faire le point sur les avancées du développement de l'aquaculture dans le monde. Une déclaration de Phuket sera adoptée. J. Jia a revu les 17 éléments de la Déclaration de Bangkok. Je ne liste pas tout, juste quelques points particuliers, je laisse si nécessaire, les autres personnes présentes à Phuket compléter pour éviter de m'enfermer dans un monologue trop long. Au cours de la décennie écoulée, il y a eu énormément d'investissement en formation, recherche et développement. L'information et la communication se sont fortement développées et l'accent a été mis sur la sécurité alimentaire, l'élimination de la pauvreté et l'environnement. L'aquaculture intégrée et notamment multi-trophique a été revitalisée ces dernières années. Les tendances actuelles incluent les pêches basées sur l'aquaculture (Culture based fisheries). La santé des animaux aquatiques reste une préoccupation. Il y a eu d'énormes progrès sur les aliments, notamment en vue de la substitution des farines animales. Idem pour la génétique, avec l'arrivée d'animaux transgéniques destinés à l'alimentation, qui soulèvent toutefois de fortes inquiétudes des consommateurs. Les progrès des biotechnologies ont permis des avancées majeures dans des domaines tels que les vaccins ou la bioremédiation. La qualité sanitaire des aliments et l'hygiène du secteur ont fortement progressé, sous l'effet de normes très strictes. Au niveau du marché, ce qui a marqué la décennies, c'est la mondialisation. Parmi les points moins reluisants par rapport à la déclaration de Bangkok: l'aquaculture en Afrique reste insuffisante, même si les choses sont entrain de changer rapidement. Il a appelé les institutions à s'unir pour remédier à ce problème. Il va falloir explorer l'aquaculture offshore et en mer ouverte. Benedict Satia (USA) a présenté l'état du développement de l'aquaculture en Afrique. Il a rappelé que la production a été multipliée par 5 entre 1998 et 2008. Elle repose actuellement sur des petits producteurs, dans des systèmes intégrés. Les cages et les bacs sont des innovations récentes. Le Nigéria représente 61% de la production, l'Ouganda (dont le ministre de l'aquaculture est présent à Phuket) 22%, Madagascar 4% et la Zambie 3%. 88% est produit en eau douce 10% marin. Le clarias (52%) est la principale espèce produite, suivi par le tilapia et les carpes. Les difficultés portent sur le foncier (accès, compétition, dégradation), les alevins et aliments en qualité et quantité insuffisantes, l'assistance aux producteurs insuffisante, l'appui sanitaire insuffisant, l'absence de systèmes bancaires et d'assurance aquacole, l'instabilité politique, les incertitudes liées au changement climatique. Parmi les atouts, nombreux, j'ai noté le commerce régional (grand lacs), les exportations d'espèces à valeur ajoutée, l'emploi créé, le développement du partage de l'Information (SARNISSA, ANAF, le programme FAO TCDC de coopération Sud-Sud entre le NACA et l'Afrique Sub-Saharienne). Sena De Silva (NACA) a fait le même exercice en Asie-Pacifique. Je fais plus court pour le résumé, même si S. De Silva a, lui, a fait plus long mais avec beaucoup d'humour ! Il a commencé sont intervention par un scoop: l'aquaculture serait née dans le sud-ouest de l'Etat de Victoria (Australie) où les aborigènes semblaient pratiquer l'élevage d'anguilles bien avant les chinois !... Sinon, l'Asie-Pacifique, c'est la région de l'aquaculture réussie, basée sur une aquaculture à petite échelle, et qui devrait le rester. C'est aussi la zone de l'aquaculture d'espèces exotiques. Les tendances: approche par pôles aquacoles pour regrouper les producteurs et bénéficier d'économies et services d'échelle. Il a aussi insisté sur les pêches basées sur l'aquaculture, nouvelle tendance à considérer. L'aquaculture en cage pourrait être un moyen d'existence pour les réfugiés climatiques. Il va aussi falloir développer les systèmes intégrés, notamment riz-pisciculture, la mariculture etc. Laszlo Varadi a présenté l'aquaculture en Europe. Au cours de la dernière décennie, elle a augmenté en valeur mais stagné en volume. Cela cache des disparités car si c'est bien le cas dans l'Union Européenne, l'aquaculture progresse quand même dans les pays du nord-ouest et du sud-est non-membres de l'UE (Turquie etc.). Les trois leaders sont Norvège/Espagne/France. Le saumon=37%, la truite 12%. Les nouvelles espèces sont le cabillaud, le turbot, le maigre, l'omble chevalier. Les technologies en développement: offshore, circuits recyclés de nouvelle génération, IMTA. Pour le futur: il va falloir faire un usage responsable des ressources disponibles, simplifier le cadre législatif, mettre en place des collectes de données ciblées en appui aux politiques d'appui, prendre en compte le changement climatique, développer de meilleurs services d'appui à la filière, améliorer la perception du secteur par le public, développer des labels écologiques. Amérique Latine (Carlos Wurman): Chili+Brésil+Equateur= 74,1% en volume et 77,7% en valeur. Les espèces dominantes: salmonidés, crevettes, tilapia, moules (81,9% en vol, 86,9% en val). Depuis les années 1980, il y a eu un développement de filières d'exportation compétitives sur le marché mondial. Moyen-Orient (Issam Krouma): l'aquaculture a démarré dans les années 1920 dans sa forme moderne et sa production a été multipliée par 6 au cours des 10 dernières années. Top 3 Espèces: Tilapia/Mullet/Carpes. Top 3 Pays: Egypte/Iran/Arabie Saoudite. 70% produit en brackishwater. La présence du désert et la rareté de l'eau limite l'aquaculture d'eau douce. Amérique du Nord (Paul Olin): Canada: + 54% en 10 ans/Etats Unis: +17% en 10 ans. Top 3: Channel catfish (36%), Saumon (19%), Huître américaine (15%). A noter que le FDA est sur le point d'autoriser la commercialisation d'un saumon transgénique à des fins alimentaires. Enjeux futurs de l'aquaculture dans le monde (Imtiaz Ahmad): - Conflits d'usage - Approche intégrée - Approche écosystèmique de l'aquaculture - Développement de la production d'alevins en écloserie et amélioration de leur qualité - Gestion des ressources génétiques - Aliments végétaux (même si l'aquaculture a diminué de 5 fois sa consommation en huiles et farines de poissons en l'espace de 20 ans) - Gestion de la santé animale - Création de pôles aquacoles (notamment pour la petite aquaculture) - Adaptation des règles de l'OMC sur les taxes - Mise en oeuvre du guide technique de la FAO pour un commerce des produits aquatiques responsables - Adaptation au changement climatique - Adaptation à la crise économique mondiale - Amélioration de la perception du secteur par le public Bien amicalement Lionel
Bonjour Lionel DABBADIE, Merci pour ces formations Kardiatou KABORE Burkina Faso --- En date de : Mer 22.9.10, Lionel Dabbadie <lionel.dabbadie@cirad.fr> a écrit : De: Lionel Dabbadie <lionel.dabbadie@cirad.fr> Objet: [Sarnissa] Global Aquaculture Conference à Phuket À: "Liste Sarnissa" <sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk> Date: Mercredi 22 septembre 2010, 14h16 Bonjour à tous, Voici quelques notes sur la conférence mondiale sur l'aquaculture qui se tient actuellement à Phuket. A noter que SARNISSA a été très abondamment cité, notamment comme exemple de circulation de l'information grâce aux nouvelles technologies. L'occasion pour moi de vous rappeler que nous sommes aussi sur Internet (http://www.sarnissa.org), Twitter (http://twitter.com/sarnissa) et facebook (http://www.facebook.com/pages/Sarnissa-Sustainable-Aquaculture-Research-Netw...) Jiansan Jia (FAO) a rappelé que la première conférence sur l'aquaculture s'est tenue en 1966 à Rome sur le Thème "Pisciculture d'étang en eau chaude". Elle a été suivie en 1976 par la Conférence de Kyoto qui a adopté la "Déclaration de Kyoto", qui mettait l'accent sur la nécessité d'augmenter la productivité de l'aquaculture. Elle a été remarquablement suivie, au point que l'on a rapidement dépassé les limites que la nature était capable de supporter, avec l'apparition de pollutions, de maladies etc. En réponse, la FAO a adopté en 1995 son code de bonne conduite. Ensuite, en 2000, la conférence mondiale sur l'aquaculture a adopté la "Déclaration de Bankok" qui propose un cadre stratégique global pour le développement durable de l'aquaculture. En 2006, un sous-comité Aquaculture a créé au sein du Comité des Pêches et 10 ans après la conférence de Bangkok, la conférence de Phuket qui se tient actuellement a vocation à faire le point sur les avancées du développement de l'aquaculture dans le monde. Une déclaration de Phuket sera adoptée. J. Jia a revu les 17 éléments de la Déclaration de Bangkok. Je ne liste pas tout, juste quelques points particuliers, je laisse si nécessaire, les autres personnes présentes à Phuket compléter pour éviter de m'enfermer dans un monologue trop long. Au cours de la décennie écoulée, il y a eu énormément d'investissement en formation, recherche et développement. L'information et la communication se sont fortement développées et l'accent a été mis sur la sécurité alimentaire, l'élimination de la pauvreté et l'environnement. L'aquaculture intégrée et notamment multi-trophique a été revitalisée ces dernières années. Les tendances actuelles incluent les pêches basées sur l'aquaculture (Culture based fisheries). La santé des animaux aquatiques reste une préoccupation. Il y a eu d'énormes progrès sur les aliments, notamment en vue de la substitution des farines animales. Idem pour la génétique, avec l'arrivée d'animaux transgéniques destinés à l'alimentation, qui soulèvent toutefois de fortes inquiétudes des consommateurs. Les progrès des biotechnologies ont permis des avancées majeures dans des domaines tels que les vaccins ou la bioremédiation. La qualité sanitaire des aliments et l'hygiène du secteur ont fortement progressé, sous l'effet de normes très strictes. Au niveau du marché, ce qui a marqué la décennies, c'est la mondialisation. Parmi les points moins reluisants par rapport à la déclaration de Bangkok: l'aquaculture en Afrique reste insuffisante, même si les choses sont entrain de changer rapidement. Il a appelé les institutions à s'unir pour remédier à ce problème. Il va falloir explorer l'aquaculture offshore et en mer ouverte. Benedict Satia (USA) a présenté l'état du développement de l'aquaculture en Afrique. Il a rappelé que la production a été multipliée par 5 entre 1998 et 2008. Elle repose actuellement sur des petits producteurs, dans des systèmes intégrés. Les cages et les bacs sont des innovations récentes. Le Nigéria représente 61% de la production, l'Ouganda (dont le ministre de l'aquaculture est présent à Phuket) 22%, Madagascar 4% et la Zambie 3%. 88% est produit en eau douce 10% marin. Le clarias (52%) est la principale espèce produite, suivi par le tilapia et les carpes. Les difficultés portent sur le foncier (accès, compétition, dégradation), les alevins et aliments en qualité et quantité insuffisantes, l'assistance aux producteurs insuffisante, l'appui sanitaire insuffisant, l'absence de systèmes bancaires et d'assurance aquacole, l'instabilité politique, les incertitudes liées au changement climatique. Parmi les atouts, nombreux, j'ai noté le commerce régional (grand lacs), les exportations d'espèces à valeur ajoutée, l'emploi créé, le développement du partage de l'Information (SARNISSA, ANAF, le programme FAO TCDC de coopération Sud-Sud entre le NACA et l'Afrique Sub-Saharienne). Sena De Silva (NACA) a fait le même exercice en Asie-Pacifique. Je fais plus court pour le résumé, même si S. De Silva a, lui, a fait plus long mais avec beaucoup d'humour ! Il a commencé sont intervention par un scoop: l'aquaculture serait née dans le sud-ouest de l'Etat de Victoria (Australie) où les aborigènes semblaient pratiquer l'élevage d'anguilles bien avant les chinois !... Sinon, l'Asie-Pacifique, c'est la région de l'aquaculture réussie, basée sur une aquaculture à petite échelle, et qui devrait le rester. C'est aussi la zone de l'aquaculture d'espèces exotiques. Les tendances: approche par pôles aquacoles pour regrouper les producteurs et bénéficier d'économies et services d'échelle. Il a aussi insisté sur les pêches basées sur l'aquaculture, nouvelle tendance à considérer. L'aquaculture en cage pourrait être un moyen d'existence pour les réfugiés climatiques. Il va aussi falloir développer les systèmes intégrés, notamment riz-pisciculture, la mariculture etc. Laszlo Varadi a présenté l'aquaculture en Europe. Au cours de la dernière décennie, elle a augmenté en valeur mais stagné en volume. Cela cache des disparités car si c'est bien le cas dans l'Union Européenne, l'aquaculture progresse quand même dans les pays du nord-ouest et du sud-est non-membres de l'UE (Turquie etc.). Les trois leaders sont Norvège/Espagne/France. Le saumon=37%, la truite 12%. Les nouvelles espèces sont le cabillaud, le turbot, le maigre, l'omble chevalier. Les technologies en développement: offshore, circuits recyclés de nouvelle génération, IMTA. Pour le futur: il va falloir faire un usage responsable des ressources disponibles, simplifier le cadre législatif, mettre en place des collectes de données ciblées en appui aux politiques d'appui, prendre en compte le changement climatique, développer de meilleurs services d'appui à la filière, améliorer la perception du secteur par le public, développer des labels écologiques. Amérique Latine (Carlos Wurman): Chili+Brésil+Equateur= 74,1% en volume et 77,7% en valeur. Les espèces dominantes: salmonidés, crevettes, tilapia, moules (81,9% en vol, 86,9% en val). Depuis les années 1980, il y a eu un développement de filières d'exportation compétitives sur le marché mondial. Moyen-Orient (Issam Krouma): l'aquaculture a démarré dans les années 1920 dans sa forme moderne et sa production a été multipliée par 6 au cours des 10 dernières années. Top 3 Espèces: Tilapia/Mullet/Carpes. Top 3 Pays: Egypte/Iran/Arabie Saoudite. 70% produit en brackishwater. La présence du désert et la rareté de l'eau limite l'aquaculture d'eau douce. Amérique du Nord (Paul Olin): Canada: + 54% en 10 ans/Etats Unis: +17% en 10 ans. Top 3: Channel catfish (36%), Saumon (19%), Huître américaine (15%). A noter que le FDA est sur le point d'autoriser la commercialisation d'un saumon transgénique à des fins alimentaires. Enjeux futurs de l'aquaculture dans le monde (Imtiaz Ahmad): - Conflits d'usage - Approche intégrée - Approche écosystèmique de l'aquaculture - Développement de la production d'alevins en écloserie et amélioration de leur qualité - Gestion des ressources génétiques - Aliments végétaux (même si l'aquaculture a diminué de 5 fois sa consommation en huiles et farines de poissons en l'espace de 20 ans) - Gestion de la santé animale - Création de pôles aquacoles (notamment pour la petite aquaculture) - Adaptation des règles de l'OMC sur les taxes - Mise en oeuvre du guide technique de la FAO pour un commerce des produits aquatiques responsables - Adaptation au changement climatique - Adaptation à la crise économique mondiale - Amélioration de la perception du secteur par le public Bien amicalement Lionel _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... 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Merci de nous avoir fait part de cet important message. Moi qui suis de près la politique de l'aquaculture dans mon pays, serai heureux de recevoir les dernières déclarations de cette importante rencontre Salut Prof MUTAMBUE SHANGO Secrétaire Académique et de la Recherche ERAIFT / Université de Kinshasa B.P. 15.373, Kinshasa République Démocratique du Congo Tel : 00 243 815830347 --- En date de : Mer 22.9.10, Lionel Dabbadie <lionel.dabbadie@cirad.fr> a écrit : De: Lionel Dabbadie <lionel.dabbadie@cirad.fr> Objet: [Sarnissa] Global Aquaculture Conference à Phuket À: "Liste Sarnissa" <sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk> Date: Mercredi 22 septembre 2010, 14h16 Bonjour à tous, Voici quelques notes sur la conférence mondiale sur l'aquaculture qui se tient actuellement à Phuket. A noter que SARNISSA a été très abondamment cité, notamment comme exemple de circulation de l'information grâce aux nouvelles technologies. L'occasion pour moi de vous rappeler que nous sommes aussi sur Internet (http://www.sarnissa.org), Twitter (http://twitter.com/sarnissa) et facebook (http://www.facebook.com/pages/Sarnissa-Sustainable-Aquaculture-Research-Netw...) Jiansan Jia (FAO) a rappelé que la première conférence sur l'aquaculture s'est tenue en 1966 à Rome sur le Thème "Pisciculture d'étang en eau chaude". Elle a été suivie en 1976 par la Conférence de Kyoto qui a adopté la "Déclaration de Kyoto", qui mettait l'accent sur la nécessité d'augmenter la productivité de l'aquaculture. Elle a été remarquablement suivie, au point que l'on a rapidement dépassé les limites que la nature était capable de supporter, avec l'apparition de pollutions, de maladies etc. En réponse, la FAO a adopté en 1995 son code de bonne conduite. Ensuite, en 2000, la conférence mondiale sur l'aquaculture a adopté la "Déclaration de Bankok" qui propose un cadre stratégique global pour le développement durable de l'aquaculture. En 2006, un sous-comité Aquaculture a créé au sein du Comité des Pêches et 10 ans après la conférence de Bangkok, la conférence de Phuket qui se tient actuellement a vocation à faire le point sur les avancées du développement de l'aquaculture dans le monde. Une déclaration de Phuket sera adoptée. J. Jia a revu les 17 éléments de la Déclaration de Bangkok. Je ne liste pas tout, juste quelques points particuliers, je laisse si nécessaire, les autres personnes présentes à Phuket compléter pour éviter de m'enfermer dans un monologue trop long. Au cours de la décennie écoulée, il y a eu énormément d'investissement en formation, recherche et développement. L'information et la communication se sont fortement développées et l'accent a été mis sur la sécurité alimentaire, l'élimination de la pauvreté et l'environnement. L'aquaculture intégrée et notamment multi-trophique a été revitalisée ces dernières années. Les tendances actuelles incluent les pêches basées sur l'aquaculture (Culture based fisheries). La santé des animaux aquatiques reste une préoccupation. Il y a eu d'énormes progrès sur les aliments, notamment en vue de la substitution des farines animales. Idem pour la génétique, avec l'arrivée d'animaux transgéniques destinés à l'alimentation, qui soulèvent toutefois de fortes inquiétudes des consommateurs. Les progrès des biotechnologies ont permis des avancées majeures dans des domaines tels que les vaccins ou la bioremédiation. La qualité sanitaire des aliments et l'hygiène du secteur ont fortement progressé, sous l'effet de normes très strictes. Au niveau du marché, ce qui a marqué la décennies, c'est la mondialisation. Parmi les points moins reluisants par rapport à la déclaration de Bangkok: l'aquaculture en Afrique reste insuffisante, même si les choses sont entrain de changer rapidement. Il a appelé les institutions à s'unir pour remédier à ce problème. Il va falloir explorer l'aquaculture offshore et en mer ouverte. Benedict Satia (USA) a présenté l'état du développement de l'aquaculture en Afrique. Il a rappelé que la production a été multipliée par 5 entre 1998 et 2008. Elle repose actuellement sur des petits producteurs, dans des systèmes intégrés. Les cages et les bacs sont des innovations récentes. Le Nigéria représente 61% de la production, l'Ouganda (dont le ministre de l'aquaculture est présent à Phuket) 22%, Madagascar 4% et la Zambie 3%. 88% est produit en eau douce 10% marin. Le clarias (52%) est la principale espèce produite, suivi par le tilapia et les carpes. Les difficultés portent sur le foncier (accès, compétition, dégradation), les alevins et aliments en qualité et quantité insuffisantes, l'assistance aux producteurs insuffisante, l'appui sanitaire insuffisant, l'absence de systèmes bancaires et d'assurance aquacole, l'instabilité politique, les incertitudes liées au changement climatique. Parmi les atouts, nombreux, j'ai noté le commerce régional (grand lacs), les exportations d'espèces à valeur ajoutée, l'emploi créé, le développement du partage de l'Information (SARNISSA, ANAF, le programme FAO TCDC de coopération Sud-Sud entre le NACA et l'Afrique Sub-Saharienne). Sena De Silva (NACA) a fait le même exercice en Asie-Pacifique. Je fais plus court pour le résumé, même si S. De Silva a, lui, a fait plus long mais avec beaucoup d'humour ! Il a commencé sont intervention par un scoop: l'aquaculture serait née dans le sud-ouest de l'Etat de Victoria (Australie) où les aborigènes semblaient pratiquer l'élevage d'anguilles bien avant les chinois !... Sinon, l'Asie-Pacifique, c'est la région de l'aquaculture réussie, basée sur une aquaculture à petite échelle, et qui devrait le rester. C'est aussi la zone de l'aquaculture d'espèces exotiques. Les tendances: approche par pôles aquacoles pour regrouper les producteurs et bénéficier d'économies et services d'échelle. Il a aussi insisté sur les pêches basées sur l'aquaculture, nouvelle tendance à considérer. L'aquaculture en cage pourrait être un moyen d'existence pour les réfugiés climatiques. Il va aussi falloir développer les systèmes intégrés, notamment riz-pisciculture, la mariculture etc. Laszlo Varadi a présenté l'aquaculture en Europe. Au cours de la dernière décennie, elle a augmenté en valeur mais stagné en volume. Cela cache des disparités car si c'est bien le cas dans l'Union Européenne, l'aquaculture progresse quand même dans les pays du nord-ouest et du sud-est non-membres de l'UE (Turquie etc.). Les trois leaders sont Norvège/Espagne/France. Le saumon=37%, la truite 12%. Les nouvelles espèces sont le cabillaud, le turbot, le maigre, l'omble chevalier. Les technologies en développement: offshore, circuits recyclés de nouvelle génération, IMTA. Pour le futur: il va falloir faire un usage responsable des ressources disponibles, simplifier le cadre législatif, mettre en place des collectes de données ciblées en appui aux politiques d'appui, prendre en compte le changement climatique, développer de meilleurs services d'appui à la filière, améliorer la perception du secteur par le public, développer des labels écologiques. Amérique Latine (Carlos Wurman): Chili+Brésil+Equateur= 74,1% en volume et 77,7% en valeur. Les espèces dominantes: salmonidés, crevettes, tilapia, moules (81,9% en vol, 86,9% en val). Depuis les années 1980, il y a eu un développement de filières d'exportation compétitives sur le marché mondial. Moyen-Orient (Issam Krouma): l'aquaculture a démarré dans les années 1920 dans sa forme moderne et sa production a été multipliée par 6 au cours des 10 dernières années. Top 3 Espèces: Tilapia/Mullet/Carpes. Top 3 Pays: Egypte/Iran/Arabie Saoudite. 70% produit en brackishwater. La présence du désert et la rareté de l'eau limite l'aquaculture d'eau douce. Amérique du Nord (Paul Olin): Canada: + 54% en 10 ans/Etats Unis: +17% en 10 ans. Top 3: Channel catfish (36%), Saumon (19%), Huître américaine (15%). A noter que le FDA est sur le point d'autoriser la commercialisation d'un saumon transgénique à des fins alimentaires. Enjeux futurs de l'aquaculture dans le monde (Imtiaz Ahmad): - Conflits d'usage - Approche intégrée - Approche écosystèmique de l'aquaculture - Développement de la production d'alevins en écloserie et amélioration de leur qualité - Gestion des ressources génétiques - Aliments végétaux (même si l'aquaculture a diminué de 5 fois sa consommation en huiles et farines de poissons en l'espace de 20 ans) - Gestion de la santé animale - Création de pôles aquacoles (notamment pour la petite aquaculture) - Adaptation des règles de l'OMC sur les taxes - Mise en oeuvre du guide technique de la FAO pour un commerce des produits aquatiques responsables - Adaptation au changement climatique - Adaptation à la crise économique mondiale - Amélioration de la perception du secteur par le public Bien amicalement Lionel _______________________________________________ Sarnissa-french-aquaculture mailing list Sarnissa-french-aquaculture@lists.stir.ac.uk http://lists.stir.ac.uk/cgi-bin/mailman/listinfo/sarnissa-french-aquaculture -------------- section suivante -------------- Une pièce jointe HTML a été nettoyée... 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