Flux de nutriments dans des systèmes aquacoles d'altitude améliorés à Yen Chau, province Son La (Vietnam)
Bonjour, Voici un lien où vous pourrez télécharger la thèse du Dr. Johannes Pucher, signalée par le Dr. Mark Prein: http://opus.uni-hohenheim.de/volltexte/2014/1024 Je la trouve particulièrement intéressante car elle propose une amélioration des systèmes piscicoles traditionnels du nord-vietnam. La thèse est en anglais, mais j’ai traduit son résumé en français ci-dessous (traduction non officielle). Bien amicalement et bonnes fêtes, LD Flux de nutriments dans des systèmes aquacoles d'altitude améliorés à Yen Chau, province Son La (Vietnam) En Asie du Sud-Est, les étangs de pisciculture jouent un rôle important dans les systèmes intégrés aquaculture-agriculture des petits producteurs. Ils contribuent à leur sécurité alimentaire et à leur revenu. Dans les régions montagneuses, la pisciculture diffère de l'aquaculture qui est pratiquée dans les plaines, en raison des différences de climat et de la disponibilité en aliments pour poissons, fertilisants et en eau. Au nord du Vietnam, l'aquaculture traditionnelle est une polyculture à 5-7 espèces. La carpe herbivore (Ctenopharyngodon idella) est l’espèce principale. La carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis), le mrigal (Cirrhinus mrigala), la carpe de vase (Cirrhinus molitorella) et le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) sont les espèces secondaires. Elles sont en général nourries de manière insuffisante avec des sous-produits agricoles. Des fertilisants organiques sont utilisés par les agriculteurs comme engrais permettant de stimuler les ressources alimentaires naturelles. Les étangs sont gérés par un système d'écoulement d'eau permanent. L'eau qui entre dans les étangs apporte des particules de sol issues de l’érosion des champs de maïs et de manioc en pente, qui sont cultivés de manière intensive. Cela génère une forte turbidité qui limite à la fois la production primaire et la production secondaire. La production piscicole de ce genre de système est faible, de l'ordre de 1,5 ± 0,3 t/ha/an et elle est principalement limitée par la mauvaise qualité des intrants piscicoles, la faible abondance des aliments naturels, la faible production d'oxygène dans les étangs et la survenue de maladies spécifiques à la carpe herbivore, responsables d'une forte mortalité chez cette espèce. Pour améliorer la production locale de poisson par les petits producteurs, des changements dans la gestion traditionnelle des étangs ont été conçus et testés en milieu paysan d’altitude dans le nord du Vietnam. Un de ces changements concernaient la réduction du débit d'eau dans les étangs, afin de réduire l'introduction des particules érodées et de réduire la turbidité. Des engrais chimiques ont été ajoutés pour augmenter la productivité des aliments naturels de l'étang et stimuler la production primaire. La carpe herbivore sensible aux pathologies a aussi été remplacée comme espèce principale par la carpe commune qui bénéficie d’un prix tout aussi élevé sur les marchés locaux. Pour nourrir la carpe commune omnivore, des aliments granulés supplémentaires, conçus à partir des ressources disponibles localement, ont été utilisés. Dans une expérimentation, les gestions traditionnelles et améliorées des étangs ont été comparées au niveau des paramètres de qualité de l'eau, de la disponibilité en aliments naturels, des rendements piscicoles, de l’efficacité d'utilisation des nutriments et du bénéfice financier net. Au cours d'une expérience utilisant l’azote 15 comme traceur, la dynamique de l'azote dans le réseau trophique a été comparée dans les deux types de gestion des étangs. L’acceptabilité des améliorations par les agriculteurs locaux a aussi été évaluée. Dans un essai en cage, l’intérêt de la farine de vers de terre en remplacement de la farine de poisson dans la formulation des aliments granulés pour la carpe commune a aussi été testée. Dans un autre essai en cage, l'effet de végétaux contaminés par des pesticides sur la prise alimentaire et l'état de santé de la carpe herbivore a été étudié. En prenant comme référence la gestion traditionnelle des étangs, les améliorations permettent de réduire la turbidité de l’eau, d’augmenter la profondeur de la zone phototrophe, d'accroître la quantité d’aliments naturels, de stimuler la production primaire et d’améliorer le rendement piscicole. En outre, le plancton de petite taille a bénéficié des changements et a permis d’augmenter de manière significative les taux de croissance des poissons filtreurs. Les rendements de la carpe commune et de la carpe herbivore étaient plus élevés grâce à ces changements. Quel que soit le mode de gestion de l'étang, les composés azotés ont été assimilés rapidement dans la chaîne alimentaire et les taux de sédimentation et de remobilisation de l'azote accumulé au fond de l’étang étaient élevés. En règle générale, les améliorations ont été associées à une plus grande efficacité d'utilisation des nutriments et elle ont abouti à des bénéfices nets plus élevés et des conditions d’élevage, plus stables. Il a été montré que le matériel végétal issu de champs traités avec des pesticides devrait être utilisé avec prudence pour l’alimentation des carpes herbivores, car ils réduisent la prise alimentaire et nuisent à la santé des poissons. Les modifications peu coûteuses ont été bien acceptées par les agriculteurs. Par contre, l’utilisation d’aliments complémentaires et d'engrais chimiques, qui nécessitent un investissement monétaire continu, ont été moins bien reçus. Les agriculteurs plus instruits sont plus susceptibles d'investir dans l'aquaculture et de devenir des innovateurs locaux. Pour réduire les coûts d’alimentation de la carpe commune, les vers de terre peuvent être utilisés en remplacement de la farine de poisson dans les aliments. La lombriculture pourrait donc être une activité agricole supplémentaire appropriée en combinaison avec la mise en œuvre des améliorations dans la gestion des étangs. La formation de coopératives de pisciculteurs pourrait aussi accroître l'acceptabilité des innovations. Les améliorations apportées ici à l'aquaculture en étang peuvent avoir un impact bénéfique sur la production de poisson, la sécurité alimentaire et les revenus des petits agriculteurs dans les hautes terres d'Asie du Sud-Est si l'information est transférée convenablement grâce à des programmes d'enseignement qui forment les agriculteurs aux technologies spécialement adaptés aux conditions d'altitude.
participants (1)
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Lionel Dabbadie