La Région Reunion met un demi-million d’euros pour l’aquaculture au Mozambique http://www.clicanoo.re/11-actualites/15-societe/254024-la-region-met-un-demi... La Région a débloqué mardi une enveloppe de plus d’un demi-million d’euros pour un programme visant à développer l’élevage de crabes de mangroves au Mozambique. Une nouvelle niche qui devrait profiter en premier lieu à la société Aquapesca ainsi qu’à d’autres entreprises réunionnaises. RECHERCHE. Une enveloppe de plus d’un demi-million d’euros, dont 400 000 en provenance du Feder, a été débloquée par la Région mardi. Cette somme rondelette vise, dans le cadre du Programme d’appui réunionnais au développement de l’aquaculture mozambicaine (Pardam), à mettre sur pied une nouvelle filière d’élevage : le crabe de mangrove. Ce crustacé, le Scylla serrata, est présent sur toute la ceinture tropicale. Il est déjà largement exploité par les pêcheurs notamment en Nouvelle Calédonie. L’Association réunionnaise de développement de l’aquaculture (Arda) va piloter cette nouvelle expérimentation dans ce pays d’Afrique de l’Est au fort potentiel aquacole (holothuries, crevettes, algues…). Pierre Bosc, le directeur de la structure, souligne : “C’est le plus important programme de recherche et développement que nous avons mené dans la zone pour l’instant”. Le programme, pour un produit qui “a déjà un marché et qui est déjà commercialisé à La Réunion en congelé”, vise à déterminer la faisabilité technique mais aussi économique d’une filière d’élevage de ce crustacé. Cela permettrait une exploitation plus durable loin “du pillage généralisé à l’heure actuelle dans les mangroves”. L’Arda, en partenariat avec l’Institut National de Recherche Aquacole (Iniqua) et l’Association des Pêcheurs de Crevettes du Mozambique (APCM), doit étudier la population, la biologie du crabe, sa domestication... “Plusieurs tentatives sont également en cours au Vietnam, en Chine et en Thaïlande. Nous devons sélectionner le process le plus adapté au Mozambique et l’améliorer”. Il n’est pas question ici d’écloseries intégrées. Le Mozambique : un eldorado de l’aquaculture Pierre Bosc évoque “un élevage plus extensif, dans les mangroves et de façon très artisanale”. Les enjeux sont bien évidemment colossaux. Les crustacés sont un produit à haute valeur ajoutée. L’Europe consomme d’ailleurs 100 000 tonnes de crabes tropicaux, dont 15 000 tonnes uniquement pour la France. Le Mozambique compte là-dessus pour se développer tout comme La Réunion. Cette dernière apporterait son savoir-faire et ses capitaux. Certaines entreprises réunionnaises ont d’ailleurs déjà saisi l’opportunité. La société Aquapesca, financée par la famille Goulamaly, est d’ailleurs pleinement associée à ce projet de recherche et développement. Elle est déjà implantée au Mozambique. Sa ferme aquacole de Quélimane produit déjà 1 000 tonnes de crevettes par an. L’entreprise a investi 40 millions d’euros et mis plus de quinze ans à lancer cette activité désormais couronnée d’un certain succès. Abdéali Goulamaly (patron de Mauvilac, de l’Armement des Mascareignes et de Pipangaï…) a senti, avec ses deux enfants, le filon de l’aquaculture. C’est son groupe Océinde qui devrait s’occuper de la partie commercialisation du crabe de mangrove. Aquapesca sera sans nul doute la première entreprise a bénéficié directement des retombées d’un tel programme de recherche -qu’elle finance également en partie- si ce dernier donne des fruits. Elle ne devrait pas être la seule. Ce dernier est prévu sur une durée de deux ans. Il doit également associer les populations, et notamment les pêcheurs locaux dans cette nouvelle production. Le Mozambique devient peu à peu (déjà trois fermes aquacoles) un eldorado de l’aquaculture que La Réunion ne veut pas laisser à d’autres. Bruno Graignic -- Centre de Recherche Halieutique - avenue Jean Monnet - BP 171 - 34203 Sète Cedex - France Tél : +33 4 99.57.32.05